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Un autre facteur intervient pour compliquer encore Îles recherches : le facteur rénal. Ce qui fait varier la proportion de chlorures de l'urine, c’est moins la consommation ou la déperdition de NaCÏ par l'organisme que le barrage plus ou moins accentué qu'est la glande rénale.
Hallion, Quinton et Julia ont montré sans doute chez les animaux que les injections d’eau de mer isotonique ne produisaient ni œdème, ni rétention chlorurée, à l'encontre des injections massives de sérum artificiel. Mais 1l s'agissait d'animaux sains : chez les tuberculeux, le rein est souvent malade et ne peut pas laisser filtrer les chlorures. Tel le cas suivant de Mongour (Obs. XXIIE, thèse Vedy):
Un tuberculeux reçoit 5 injections de plasma de Quinton à la dose quotidiene de 50 cc. (la première était toutefois de 100 cc.), «le malade se dit beaucoup fatigué depuis qu'on a commencé les injections du plasma. Il s’étouffe après les repas et est d’ailleurs en proie à une dyspnée continuelle. L'analyse d’urines démontre que l’urée et les chlorures ont beaucoup diminué dans ce liquide. On supprime les injections.» Quelques jours après «l'élimination . de l’urée a considérablement augmenté, mais les chlorures ont continué à diminuer de proportion dans l'urine. Le malade présente un véritable état asystolique, avec bouffissure de la face et des paupières, reflux hépalo-jugulaire, mais sans œdème des membres inférieurs. » Sous l'influence de la théobromine, une amélioration légère se produit ; le malade succombe à une nouvelle crise d'asystolie.
C. ACTION SUR L'APPAREIL DIGESTIF. — Un certain nombre d'auteurs parlent d'une action remarquable de l’eau de mer sur lPappélit. Le tuberculeux, si souvent anorexique, se sent pris de véritable fringale, Un malade de Simon ne pouvait plus sortir sans emporter avec lui
SORO quelques sandwichs. Cette action sur l'appétit avait déjà été signalée par Marion dans ses essais de thérapeutique par l’eau de mer en ingestion:; Carles et Barrère la retrouvent dans les dyspepsies tuberculeuses traitées par celte méthode. Chez un malade de Carles (Obs. VI, th. Barrère), l'anorexie disparait sous l’action de l'eau de mer, revient dès la cessation du traitement marin, disparaît à nouveau dès qu'on reprend la boisson marine. Barrère ne penset-il pas que c'est par celte seule action sur le tube digestif que Peau de mer estefficace dans le traitement général de la tuberculose pulmonaire ? Chose assez curieuse, ce réveil de l'appétit survient souvent dès la première dose.
Ce réveil subit de Pappétitest-il fréquent ? L'appétit peut ne s’éveiller que plus tard, à la quatrième injection, chez un malade de Lalesque (Obs. IT, thèse Fumoux). Il peut n'être excité que d’une façon très passagère, dans notre observation IT: ce réveil dure à peine un jour après la seconde injection; il est précédé et suivi d’une anorexie peut-être plus considérable qu'avant le début du traitement par le plasma de Quinton. L'anorexie peut persister tout le temps (Obs. V et [IX in thèse Vedv).
Ce n’est pas seulement l'appétit, mais bien tous les symptômes digestifs qui sont, d'après les partisans de la méthode, améliorés. Les vomissements cessent de se produire, l'intestin se régularise, la constipation disparait, ceci aussi bien sous l'influence des injections (Simon) que lorsque Peau de mer est ingérée par la bouche (Carles et Barrère).
Ces effets ont été surtout étudiés par ces derniers auteurs dans les 10 observations que Barrère publie dans sa thèse ; il s'agissait de tuberculeux avec des dyspepsies plus ou moins rebelles, avec renvois aigres el souvent vomissements indépendants de la toux. L'eau de
TOR mer ingérée produit au début, si lon ne la coupe pas d'eau. d'Evian, des coliques et une diarrhée passagère, mais bientôt tous les troubles digestifs disparaissent. L'anaiyse chimique du suc gastrique montre une augmentation de l'acide chlorhydrique.
ILest cependant quelques observations où nous sommes loin de cette amélioration ; dans une observation dela thèse de Vedy, la première injection est suivie de diarrhée, et quelques jours après surviennent des vomissements alimentaires où bilieux. La réaction thermique consécutive à l'injection peut s'accompagner parfois de vomissements (Obs. IH, thèse Vedy). Chez notre malade de l'observation IT, les-mauvaises digestions et les vomissements matutinaux ne sont nullement influencés par Peau de: mer.
D). ACTION. SUR L'ÉTAT PULMONAIRE. — Quelle est Pinfluence de l'eau de mer sur les diverses étapes de: la tuberculose pulmonaire ? Sur 124 cas où nous avons pu trouver l’indicalion du degréde la tuberculose, 52 appartenaient à la première période, 42 à la seconde, 30 à la troisième, Voyons les résultats: obtenus pour chacune de: ces périodes.
a) 1 Période. — C'est celle-ci qui à fait l'objet des principales études : c'est surtout dans ces cas que les auteurs notent les diverses améliorations du côté du poids. et de l'état général. Les symptômes pulmonaires seraient eux aussi très favorablement influencés ; la toux diminuerait de fréquence. L'expectoration se tarirait et l'obscurité respiratoire ferait place à un murmure vésiculaire assez nettement perçu (Obs. VIT, thèse Fumoux). Les quelques craquements fins constatés à cette période disparaîlraient (Obs. VIIL, thèse Fumoux).
Ces modifications sont-elles constantes ? Nous ne le
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croyons pas. État pulmonaire stationnaire, lisons-nous dans l'observation XXIX de la thèse Barrère. Une tubereuleuse du docteur Lamarque (thèse Barrère, obs. XXXI) présente toujours un peu de toux le matin ; « l'état pulmonaire n'a pas sensiblement varié.» Chez plusieurs malades de Mongour la toux, l'état pulmonaire ne sont nullement modifiés.
Sur 19 malades de la 1" période, Mongour compte, au bout d'un certain temps, 10 morts. Les survivants sont en bien mauvais état, «ils ne présentent aucune chance solide de guérison, même temporaire... Tous les malades atteints de tuberculose fermée au début du traitement sont à cette heure en pleine tuberculose ouverte ; Je n'ai Jamais constaté la moindre tendance régressive des lésions.» Chez notre tuberculeux de l'observation T, le traitement, loin d'avoir amélioré les symptômes pulmonaires, à provoqué au contraire des phénomènes de congestion du sommet.
b) 2% Période. — D'après R. Simon et Quinton, les symptômesthoraciques seraient aussibien influencés par le traitement marin, qu'à la période précédente. Robert Simon, dans son livre, rapporte deux cas particulièrement intéressants. Le premier concerne un malade qui présentait des craquements secs et des râles humides dans le tiers supérieur du poumon droit. « Au point de vue
(pulmonaire, dès la première injeetion la toux diminue de plus de la moitié, il n°v à plus qu'un réveil par nuit avec quinte au lieu de trois. Dès la troisième injection plus aucun réveil. Dans la journée la toux est réduite au quart environ de ce qu'elle était avant : l'expectoration est à peu près tarie. » Les rales humides et les eraquements ont disparu.
Le second malade présente lui aussi des craquements