XVIII PREFACE
mes libres, venant après la première occupation du sol, trouvant les places prises par les premiers arrivés, et cherchant à s'en créer une par leur travail et par une sorte de combinaison qui consiste à mettre leur industrie à la disposition du propriétaire, qui, de son côté, leur fournit la matière productive. Or, à l'époque dont nous parlons, époque appelée héroïque par Vico, il n'y a guère que des maîtres et des serfs : la liberté a pour condition la propriété; tout chef de famille libre, indépendant, est nécessairement propriétaire; quiconque n'est pas propriétaire est esclave ou contraint à tomber dans la servitude.
Un progrès assez fréquent finit cependant par tempérer cette dépendance des classes inférieures. Les grands propriétaires, embarrassés de l'immensité de leurs terres, et presque gênés de leurs inutiles richesses^ cherchent à les rendre plus productives en intéressant les familles à la culture du sol. De là des concessions de terrains pour bâtir, défricher, labourer, moyennant certaines redevances annuelles. Nous avons non loin de nous un exemple vivant de cet état social dans les populations slaves. « Chaque seigneurie, dit M. de Sis- » mondi, se compose de deux parts : la terre du sei- » gneur,qui estcultivéeaumoyendescorvées(l), et » celle qu'il a partagée entre un grand nombre de » familles de paysans , que chaque famille cultive
(i) Qui consistent en quatre jours de travail par semaine.