‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 12 sur 125 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

causes des embarras de l'agriculture, rapport publié, en 1833, par les journaux anglais. Les dépositions reçues par les commissaires du parlement s'accordent à dire que depuis dix à douze ans le fermier anglais paie le fermage des terres, non sur les profits de son exploitation, mais sur son capital; qu'en conséquence, ceux qui ont eu le plus de prévoyance émigrent en Amérique, tandis que ceux qui restent s'appauvrissent de plus en plus, et tombent dans la classe des manouvriers ou disparaissent complètement (1) ! De là les plaintes incessantes des propriétaires et des fermiers anglais, leurs réclamations importunes pour obtenir des monopoles et des lois protectrices, qui leur permettent de soutenir la concurrence avec les blés étrangers; delà, les faillites de ses spéculateurs en agriculture qui meurent de faim dans leurs fermes admirables de beauté ; de là ces incendies de récoltes et de maisons rurales, indices trop réels du malaise des campagnes et d'une inquiétante fermentation ! ! (2) Si tous ces faits sont exacts (et qui pourrait les révoquer en doute), ce pourrait être une nouvelle confirmation de ce mot profond de Pline, que le trop bien cultiver ruine, et nous pourrions être moins jaloux des beaux pâturages de l'Angleterre et de ses belles races d'animaux, et de ces fermes grandes comme le département de la Seine,

(i) J'emprunte ce résumé à unarticledu National du i4 octobre i833.

(a) M. de Sismondi. T. II, p. 226.

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