‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 14 sur 125 · PREFACE. XXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXV

dire, arrachée par la torture (1), n'arrive pas directement du paysan au propriétaire. « Ce dernier, )) dit M. Gustave de Beaumont, abandonne le loyer )> de son domaine à quelque traitant, moyennant » un prix une fois payé, ou une somme annuelle, » dont le chiffre est fixé à forfait. Cet entrepreneur, » riche capitaliste, résidant soit à Londres, soit à j) Dublin , ne loue pas une terre en Irlande pour en » être le fermier. Mais il la prend à bail pour en » faire la matière d'une spéculation , et , tout aussi- » tôt le marché conclu , il n'aspire qu'à transmettre » à un autre l'exploitation de cette terre , à la con- » dition seulement qu'un bénéfice lui soit assuré. » Alors il a coutume de diviser le domaine en un )) certain nombre de lots de cent, cinq cents, » mille acres , qu'il afferme à des traitants secon- » daires, ou midlemen. Quelquefois le propriétaire )> vendant fait lui-même cette division, qu'il livre » ainsi directement aux spéculateurs subalternes. » Mais comment ces traitants de seconde ou de » première main feroni-ils valoir les portions de » terre qu'ils prennent à bail? Chacun d'eux éta- » blira-t-il sur sa part une grande ferme? S'il le » faisait , il aurait à risquer un capital considérable j » or, comment un traitant aura-t-il plus de foi » dans la terre que le maître du sol lui-même? Que y> fait-il donc? Il ne fonde , sur la terre qu'il a prise !• à loyer, ni grandes ni petites fermes; il se borne,

(i) M. de Sisiuondi ^ \\. 333.

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