XXVI PREFACE
» en général , à en défricher la surface. Ce travail » étant fait, il subdivise son lot, et rafferme au )» taux le plus élevé par parcelles de cinq, dix, » vingt acres, à de pauvres agriculteurs du pays, » les seuls qui prennent réellement la terre pour la » cultiver.
H Mais comment tous ces petits agriculteurs fe- » ront-ils pour exploiter la terre qu'ils prennent à » bail? Le propriétaire ou le traitant ont-ils pris » le soin de construire une habitation sur cha- » cune des petites parcelles qui leur ont été attri- » buées? Non, sans doute. Car pour faire cette » construction il aurait fallu des capitaux dont nul » n'a voulu faire l'avance. La terre leur est donc » livrée toute nue. Mais où se logent-ils? Ils con- » struisent eux-mêmes un amas informe de boue et » de paille mêlés ensemble, qu'ils appellent leur ca- » bine. Trouvent-ils du moins à leur disposition » quelques instruments de culture? Non, mais ils » ont à s'en pourvoir comme ils pourront. » (1).
Ainsi , dans cette superposition de spéculateurs qui chevauchent les uns sur les autres pour mieux s'exploiter, le pauvre colon est la bête de somme qui supporte tout le poids. Gomme les (raitants ont escompté par avance à leur profit tous les bénéfices de la terre ^ il ne reste plus au travailleur que l'espérance de se tenir en équilibre sur la plus extrême limite qui sépare du défi) T. i; p. 224.