PREFACE. LXI
h pas minutieux,, surtout sur l'exercice des droits )> que vous donne le bail , et sur l'accomplissement » de certains devoirs qui donnent au cultivateur i> plus de fatigues que de dépenses. Nam summum jus )> antiqui summam putabant crucem. Toutefois, n'aï) bandonnez pas entièrement ce qui vous est dû; » l'usurier Alphius avait coutume de dire qu'une i> bonne créance devient mauvaise quand on la » laisse sommeiller. »
Souvent les baux étaient de cinq ans (i); mais les pères de famille soigneux de leurs intérêts préféraient toujours pour fermiers ceux qui étaient nés sur leurs terres. C'était la maxime de Yolusius (2) , sénateur illustre, qui fut l'artisan de la grande opulence de sa maison (3). En effet, le fermier héréditaire s'attache au sol; il le cultive avec affection ; son intérêt est à la fois de le ménager et de le féconder, tandis que le fermier transitoire, pressé de jouir, lui arrache en un jour les forces productives de plusieurs années.
En général, les Romains ne paraissent pas avoir
(i) Paul, 1. 24, § 2 et 4. D. loc. coud.).
(2) Sed etipse nostrâniemoriâveteremconsularemvisumque opulentissimum L, Volusium asseverantem audivi, patrisfamilias felicissimum fundum esse, qui colonos indigenas haberet, et tanquam in paterna possessione natos jam indè à cunabulis ionga /iimiliaritate retineret. Ita certe mea fert opinio rem
MALAM ESSE FREQOENTEM LOCATIONEM FUNDI (Columclle, II!). I,
c. 'j.Jurg. Gibbou, t. VI, p. i8).
(3) Tacite Annal., lib. III. c. 3o. « Opuraque quis (quibus) « domus illaiiniueni»ani viguit prt;;î»v accuinuloto'- «
XLIl PREFACE.
eu pour les baux indéfinis et perpétuels les susceptibilités de notre droit moderne. Caïus parle de locations faites à perpétuité (1). On avait coutume d'aflermer ainsi les vastes propriétés appartenant aux villes, c'est à dire Yager recûgalis, qui joue un si grand rôle dans l'histoire du louage {l). Les baux à court terme, ainsi que je l'ai déjà dit, s'harmonisent mieux avec la petite propriété qu'avec la grande ; celle-là est trop mobile^ trop démocratique (si je puis parler ainsi), pour supporter la gêne des longs baux; mais la grande propriété, élément nécessaire de toute société aristocratique , la grande propriété , dis-je, dont toutes les tendances inclinent vers la perpétuité et l'immobilité, marche toujours accompagnée de très longs baux ; les longs baux représentent dans l'administration des fortunes le principe de leur existence et de leur solidité. Assurément ces six citoyens qui possédaient à eux seuls la moitié de l'Afrique , lorsque Néron les fit périr (3), ne pouvaient remanier souvent le personnel de leurs fermiers.
Indépendamment du bail à ferme, il y avait une autre combinaison qui, sans avoir le même mérite que la précédente , était cependant préférable à la gestion d'un intendant mercenaire et infidèle. C'é-
(i) lust. III n° 145. Gordian,!. 3, C. De loc. infra. n" 4,
[1) Infrà, p. 144, 145.
(3) Semissem Africœ, dit Pline (liv. 18, c. 7). In/rh^ p. 146.