‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 34 sur 125 · LIV PREFACE · texte numérisé non relu

LIV PREFACE

le quittent frauduleusement , une inévitable nécessité les ramène à la glèbe.

Le cri douloureux jeté par Salvien, nous a fait connaître l'une des causes par lesquelles se recrutait la classe des colons; c'était la triste et funeste convention par laquelle un homme libre , s'exilant de sa propre condition (1) , se soumettait volontairement à cet état d'infériorité (2), aimant mieux être le colon du riche ( 3 ) , que d'avoir à supporter les misères plus grandes encore attachées à l'état de petit propriétaire indépendant, et toutes les charges extraordinaires qui accablaient les citoyens (4). 11 y a des positions politiques dans lesquelles le servage est préférable à la liberté. Mais malheur aux sociétés où le plus beau don que Dieu ait fait à l'homme , est répudié par lui comme un insupportable fardeau !

Le colonat s'établissait aussi par prescription ; quand un homme libre avait vécu pendant trente ans comme colon, le propriétaire acquérait sur lui et sur sa race les droits du colonat (5).

Enfin on était colon par la naissance. La condition de la mère déterminait en général Celle des enfants. « Cependant, dit M. Guizot, si le père

(i) Suae conditionis exulantes (Salv, loc. cit.)

(a) Junge nov. Valent., t. 9, et la loi 22, C, De Jgricol.

(3) Salvien. loc. cit., « Colonis divituni ^untj jugo se inqui- » linse abjectionis addicunt. »

(4) Les colons en étaient exempts., 1. I, C. De Jgricol.

(5) L. 19, C. De Jgricol.

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