‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 37 sur 125 · LVIII PREFACE · texte numérisé non relu

LVIII PREFACE

En même temps la culture est abandonnée, et les terres labourables se convertissent en jjalurages (1). L'Italie ne peut plus se vanter d'être la mère des moissons :

Saturnin tellus, Magna parens fruguni (2).

Ah! si Virgile la voyait, il ferait entendre des cris de douleur à la place de son chant de triomphe et d'amour; car elle ne peut plus nourrir un peuple affamé!!! il faut faire venir des grains de l'Afrique et de l'Egypte , mettre les provinces les plus lointaines à contribution , et comme le disait Tibère au sénat, livrer l'existence du peuple romain aux caprices des vents et des flots (3).

Mais à côté du paupérisme qui demande du pain et des jeux, s'élèvent quelques familles opulentes, dont les domaines sont presque des empires. N'ai-je pas parlé plus haut de ces six citoyens qui possédaient à eux seuls la moitié de l'Afrique (4)? rappellerai-je ces rivières qui jadis avaient séparé des nations ennemies, et qui traversaient les terres d'un simple particulier (5), et ces domaines où l'on

(i) Varron, de re rusticajWb. 11, prœf.

Colum.j id., Xïh.l, prœf'

(2) Virgile, Géorgie. y liv. IL

(3) Tacite, Jnnal., lib. III, 54.

(4) Pline, lib. XVIII, c. 7.

(5) 7n/r«,n"' 3i. Gibbon, t. VI, p. 33, 34.

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