‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 40 sur 125 · LXII PREFACE · texte numérisé non relu

LXII PREFACE

nît par étendre jusqu'au détenteur les droits (ju'il a sur la chose.

De ces deux métamorphoses, la première s'est vue lors de notre première révolution. La conversion des baux à cens, des baux à rente^ des baux à locatairie perpétuelle , en toute propriété, au profit de ceux qui primitivement ne furent que des détenteurs limités dans leurs droits, en est la preuve éclatante. Le colonat nous donne une manifestation de la seconde.

Des hommes ingénus de naissance ont pris des terres à ferme par baux perpétuels 5 ils vécurent à des époques désastreuses , oîi la classe moyenne voyait chaque jour ses rangs s'abîmer, où la petite propriété s'écroulait , entraînant ses maîtres dans sa chute; où les grands domaines et les grands propriétaires écrasaient la population libre, mais pauvre! Ces fermiers, seuls et sans défense, ont-ils pu échapper tous à ce système général d'oppression? Croit-on qu'après les guerres civiles et les proscriptions qui firent changer de mains la plus grande partie des propriétés , les maîtres insolents que donnait la victoire se soient montrés bien scrupuleux sur la limite de leurs droits et de ceux des fermiers héréditaires? Croit-on que ces vétérans, qu'on envoyait pour repeupler les cités et les campagnes désolées par la famine , aient oublié leurs habitudes de licence, de dissipation et de prodigalités, et se soient fait scrupule de traiter leurs fermiers militairement ?

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