‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 41 sur 125 · PREFACE. LXIII · texte numérisé non relu

PREFACE. LXIII

D'un autre côté, ces fermiers héréditaires^ fixés loin du mouvement des villes, dans le sein des campagnes auxquelles les avait voués la loi du contrat primitif, passaient leur vie au milieu des esclaves rustiques attachés à l'exploitation. Comme ceux-ci, ils naissaient sur le domaine affermé; comme eux ils étaient destinés à y vivre^ et à y mourir : tous partageaient, quoique à différents degrés, les travaux de la culture (1). Probablement^ cette communauté d'existence et de labeurs a dû rapprocher deux conditions originairement distinctes , et la première s'est amoindrie par d'insensibles dégradations, jusqu'à un rang très-voisin de la seconde. Les grands propriétaires , oublieux du contrat . primitif, effacé par la nuit des temps et les ravages des révolutions, auront confondu avec un assujétissement forcé et presque servile à la terre, ce qui n'était que l'exécution d'une convention libre; et avec de telles préoccupations il n'y a eu qu'un pas à faire pour assimiler le fermier qui voulait se séparer du sol à l'esclave fugitif qui se dérobait frauduleusement à son maître ('i); tandis qu'on aurait pu peut-être trouver une raison plus juste et plus équitable dans ce principe du droit civil, que nul ne peut renoncer contre le gré de son adversaire à une obligation contractée (3). Il s'ensuivit

f i) Impositam agriculliiram adimpleani, dit Justînien en parlant des adscripàiii (nov. laB, cop, 17J.

(a) L. 23, c. de Agricol.

(3) Rcnuntiare semel conslitutas obUgalioni, adversario non consecutiente, nemo potet (1.5 , C. de Oblig.].

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