PREFACE. LXVII
pagnes jouèrent un plus grand rôle dans l'organisation sociale. On voit apparaître dès lors des noms de localités qui puisent leur origine dans les noms des propriétaires germains qui s'en mirent en possession (1). Toutes ces appellations germaniques qui surgissent dans des campagnes inhabitées et dans des localités sans noms, annoncent que la propriété foncière s'était beaucoup plus divisée qu'elle ne l'était du temps des Romains, et que les résidences rurales s'étaient accrues et disséminées à des intervalles plus éloignés que jadis du sein des cités. Ces domaines furent le centre autour duquel se groupèrent peu à peu des hameaux^ des villages et même des villes dont les noms se terminent encore aujourd'hui en coun^ ville^ meml{2); le nombre en devint plus considérable de siècle en siècle, et c'est en grande partie aux hommes amenés par la conquête ou à leurs descendants, qu'on en doit l'établissement. Dans ces demeures presque toujours isolées, vivait le chef de famille franc, avec sa femme, ses enfants, ses lites et ses esclaves. Il chassait , il donnait de grands repas et en recevait; il se rendait à l'assemblée de son
(i) Gundulplu villa (Gondreville)j Ratfredi curtis (Refroicourt)j Bodonis curtis (Boiicourt).
Rooldi curtis (Raulecourt); Teudegisillo-villa, etc.
(2) Valois, iVo^ Ga//. Préface, Couit, ville, ménil, ont la même significatiou ; ces mots voulaient dire alors, lieu rural habité, manoir des champs.