LXVIII PREFACE
district, mais jamais il ne travaillait de ses propres mains : ce soin était laissé aux esclaves.
Plus tard, les libéralités faites aux ordres religieux produisirent une seconde sous-division du sol. En parcourant les actes de donations des sixième, septième, et huitième siècles, on s'étonne de l'immense étendue des propriétés que le fisc et les grandes familles possédaient encore. DagobertP"^ donne à Teulfrède, évêque de Toul , quatre domaines ruraux et un terrain de quatre lieues exempts d'impôt(l). Le territoire dont Childeric II gratifia Saint-Dié, fondateur de la petite ville de ce nom dans les Vosges, embrassait dix-huit à vingt lieues de circonférence, qui n'étaient habitées que par des bêtes fauves (2). Or, ces fondations, en associant les ordres religieux à la propriété foncière, laisaient pénétrer dans les campagnes improductives un plus grand nombre d'individus intéressés à les mettre en rapport. De même (|ue la conquête avait marqué le premier degré de la division des propriétés en y faisant participer les Francs, qui répartirent entre eux les territoires possédés par le fisc impérial; de même les libéralilés pieuses amenèrent un second degré de fractionnement, en assignant une large part aux établissements nouveaux que la dévotion faisait naître.
Enfin, lorsque la question des bénéfices, qui agita S! violemment la première et la deuxième race^ fut
(i) Benoît, Hist. de Touly p. 258.
(2) Calmet, Notice, de Lorraine^ v° St.-D/é.