‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 50 sur 125 · LXXII PREFACE · texte numérisé non relu

LXXII PREFACE

» prison pour pouvoir ensuite les envoyer plus aîy sèment avec sa fille, On assure que plusieurs , » craignant d'être séparés de leurs parents , s'é- » iranglèrent de désespoir 5 le fils était ôté à son » père, la mère à sa fille; ils partaient au nnilieu » des gémissements et des malédictions , et les » pleurs qui se répandirent alors dans Paris pou- » vaient se comparer à ceux qu'on versa en » Egypte » (i). Dans une société que gouvernaient de tels actes de violence, les nuances délicates de l'esclavage et du colonat ne durent-elles pas s'éclipser bien souvent ?

Du reste , la grande masse de la population était esclave dans les campagnes (2). Elle était attachée à la glèbe et elle se transmettait avec le sol qu'elle cultivait. Les titres nombreux de donations aux églises, et les formules de MarcuKe, font continuellement mention des esclaves qui peuplent les domaines des grands et du fisc, et que l'on donne avec les terres (3). Le savant Alcuin , enriclii par les libéralités de Charlemagne , avait vingt mille esclaves dans ses propriétés (4).

Ces hommes travaillaient à la terre et payaient au propriétaire une redevance; quelquefois elle

(i) Liv.Vl. p. 867.

(ï) M. Sismondi, t.I, p. 4o8, et t. II. p. ^73, 27A, ^iS,li3i.

(3) Terris dornibiis, œdijiciis, dk'is, pratis et mancipia fus numinibus, etc., etc. V. Slarculfe, lib. II, c. i/|, i5, 23, etc., et Preuves de l'Hist. d« Lorraine par D. Calmet, p. 267, 26 fj, <îtc.

iiy\ Sisiiiondî, t. II, p. 27G.

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