‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 51 sur 125 · PREFACE. LXXIII · texte numérisé non relu

PREFACE. LXXIII

était en argent ; le plus souvent c'était la moitié des fruits (1). Ici nous trouvons le berceau des baux à locataîrie, à culture, à métairie perpétuelle (2), dont les traces se sont conservées jusqu'à la révolution, et ont même survécu à la régénération de la population agricole (3). On commence îi apercevoir ici cette vérité qui tout à l'heure deviendra plus claire, savoir, que la féodalité, considérée dans ses rapports avec la classe des cultivateurs^ n'a été autre chose qu'un vaste bail à ferme perpétuelleou àcolonage héréditaire (4). Ce point de vue, aperçu à travers quelques nuages par plusieurs de nos anciens légistes (5)^ a échappé en grande partie à nos historiens. Il doit nous préoccuper vivement, nous qui recherchons ici l'union du droit et de l'histoire, et qui voulons connaître le contrat de bail, non seulement dans ses applications actuelles, mais encore dans ses phénomènes historiques et son influence sur la civilisation.

Donc, les colons, métayers ou fermiers perpétuels et nécessaires des riches, étaient répartis sur les domaines de la manièr(; suivante : chacun avait une espèce de terrain à cultiver, et sur ce terrain s'élevait la maison où il demeurait avec sa famille.

(i) Donation de Hàganon à l'abbaye de Saint-BIartin de Tours, en 819. V. Ducange, y° Colonus, et M. Guizot, t. IV, p. 260.

(-2) Infrà, n° 55-56.

(3) En Alsace et dans le Limousin et la Marche [infrn, n° 56).

(4)V. infrà, p. lxxviii.

(5) Dunod, p. 343, 344; ^ig^"' *• ^- P- ^4^-

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