LXXIV PREFACE
Ces sous-divisions de la terre seigneuriale, que nous nommerions aujourd'hui métairies, fermes, s'appelaient alors colonies (1) ; une terre en comprenait un nombre plus ou moins grand, suivant son étendue (2). Dans les domaines du prince, qui couvraient peut-être les trois quarts de la France (3), tous les colons relevaient d'intendants à qui Charlemagne donne le nom pompeux de jurfice^ (4). Les denrées payées par les colons constituaient la part la plus considérable des revenus royaux (5). Chaque baron aussi recevait de ses serfs le pain, la viande, la laine et le lin dont il avait besoin pour sa consommation. Enfin les titres des couvents et des monastères attestent à la fois l'étendue et la source de leurs richesses lorsqu'ils parlent des salles appelées firmariœ, où Ton recevait les canons apportés par les agriculteurs (6).
Les colons continuèrent, du reste, à payer le tribut personnel auquel ils étaient soumis sous la domination romaine; et lorsque la souveraineté se fut localisée dans le fief, ils devinrent taillables à la merci des seigneurs.
( i) Coloniœ, dit Ducange, Villulœ cum modo agri quantum » colonus unies colère potes t. » V. aussi Bignon, sur Marculfe, t. II, p. 5i6 et 917.
Une donation porte : « Comparavitvillamquœ diciturvi'S- DINGA cum servi ibi manentibus^ in coloniissuis.
(2) V. Ducange, Coloniœ. Il y en a de 5, lo, i5, etc.
(3 Sismondi, t. II, p. %']'].
(4) Capit.c?e /^i//iV.
(5) Sismondi, t. II, p. 277.
(6) Ducange, v° Firmariœ.