PREFACE. LXXVII
commença à s'opérer. Chaque lief devint un centre d'activité et d'énergie. Le seigneur s'appliquait à trouver, dans le nombre et l'aisance de ses sujets, la force dont il avait besoin pour rester à la hauteur de son rang, pour n'être pas inférieur à ses voisins, Dès le dixième siècle , les affranchissements se multiplièrent (1) ; les serfs obtenaient leur liberté , sous la condition que chaque manse du village payerait une certaine somme d'argent et rendrait certains devoirs en nature (2)5 des concessions de terre furent faites à l'envi aux hommes du fief. On voit sans cesse revenir les baux à cens , les baux à rente , les baux à complant, les champarts, les agriers, les bordelages (3)^ les emphytéoses à perpétuité (4). Le seigneur se dépouillait de ses terres improductives, et, faisant un appel à l'industrie de ces hommes devenus libres , il leur livrait ses terres à eux et leurs familles pour les cultiver, moyennant une redevance en argent ou en fruits. Alors les solitudes se peuplèrent (5) , les terres en friche se couvrirent
(1) Sismondi, t. IV, p. 87 tt /|3.3.
(a) Hist. de Illetz, t. 11^ p. 6/j et ()5 (Affrancliissement du 1 6 août 967).
(3) Injrh, 11» r>7, 58, 5.j.
(4) Infrà, j). i6r>).
(5)EgoTheodoi'Icus, Deî gratiiàjFlimdriae cornes, etriiilippus fîlius meus, Jo/ff«^i«e/nIleningensem, viclui «o^^/'O, specialitcr députantes, j»^ annalicensti, agricoliscxcolendain donavimus f Charte de 1287, rapportée par Delauriere, sur LoiseI, de\ Renies, liv, l\,X, I).