X PREFACE
de la société; elle a prolongé ses racines dans les couches inférieures de la population ; là, elle s'est recrutée d'hommes laborieux, infatigables, cultivant pour leur propre compte, et trouvant dans le travail de leurs mains une honnête indépendance. Or^ c'est le principe diviseur des terres qui a fécondé cette extension de la bourgeoisie, et l'état y a gagné prodigieusement; car un large support lui y été donné, qui a pris sa base, non dans des idées mobiles et des intérêts précaires, mais dans la propriété même, ce solide et pacifique fondement de l'édifice social. Aussi qu'est-il arrivé? C'est que la propriété est, après la famille, îa seule colonne de l'état que le ravage des sophismes n'ait pu parvenir à entamer. Je sais bien qu'on y travaille; les novateurs, je me trompe ! les imitateurs ont repris une œuvre de destruction, tentée bien des fois, soit par les passions populaires déchaînées, soit par l'abus des principes mal compris du christianisme, soit enfin par une philosophie brutale et sophistique. Mais ce qui a échoué , même dans des sociétés en proie aux plus grandes misères des classes inférieures et aux plus grands déchaînements des orages politiques, a moins de chances que jamais de réussir aujourd'hui; car indépendamment des sympathies et du respect que la propriété trouve dans les convictionsspontanées de l'humanité, elle se défend encore par les intérêts innombrables que la division des terres a groupés à sa base.
Tel est donc le double avantage de la propriété