‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 63 sur 125 · PREFACE. LXXXIX · texte numérisé non relu

PREFACE. LXXXIX

guillon à peine suffisant pour donner à la terre les ouvriers dont elle manquait? Le bail à ferme ou à métairie temporaire ne pouvait donc naître qu'avec la liberté de la classe agricole ! Les faits se trouvent ici parfaitement d'accord avec les données philosophiques.

Si maintenant nous voulions suivre le développement des baux dans les différentes provinces de la France, il nous suffirait peut-être, à défaut de documents particuliers^ de constater les progrès toujours croissants de la classe rustique, lancée désormais dans les voies du travail libre. Je sais que dans les troubles qui jusqu'au règne de Louis XIV n'ont cessé d'agiter la France^ les paysans sur qui retombait exclusivement le poids de l'agriculture, furent constamment en proie à des vexations de toute nature. Outre les charges habituelles qui comprenaient les redevances pour le seigneur, la taille pour le roi, la dîme pour le curé, il y avait la part de l'oppression dans les moments de crise sociale. Tantôt le fisc rançonnait le cultivateur d'une manière démesurée; tantôt le soldat venait l'insulter dans son manoir et le traitait en vaincu. L'on voit dans les cahiers des états du Languedoc que , pendant les règnes de Henri III et Henri IV, les mauvais traitements de la soldatesque faisaient périr un grand nombre de familles de paysans , et que le nombre des feux avait diminué rapidement dans la province (1). Mais ces rapines elles-

(i) M. de Si&raondi. Etudes sur l'écon. jjolit., t. I, introd., p. ai.

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