‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 64 sur 125 · XC PREFACE · texte numérisé non relu

XC PREFACE

mêmes sont une preuve que la condition du paysan était assez bonne pour qu'il y eût quelque chose à prendre chez lui. Et puis, quand la sécurité revenait , la classe agricole trouvait bientôt le moyen de réparer les ravages de la tempête, comme une fourmilière laborieuse qui refait avec patience l'asile qu'une main ennemie a voulu lui enlever. Il est certain que l'esprit de la féodalité française n'a pas eu, en général, pour but de tenir le paysan dans la pauvreté; elle l'humiliait, sans doute; elle lui faisait sentir sa supériorité en exigeant de lui l'obéissance personnelle et une dépendance blessante. Mais elle fut plus vaine qu'avare ; elle comprit que son intérêt était lié à celui du cultivateur, et elle fil beaucoup pour améliorer sa condition (4). Au moment de la révolution, la classe agricole était arrivée à un état de bien-être incontestable. Si elle s'insurgea avec tant de fureur contre les châteaux, ce n'est pas la misère qui arma ses mains acharnées; ce fut l'orgueil féodal qu'elle voulut châtier, orgueil puéril mais insultant , qui corrompit les bienfaits immenses que la féodalité prodigua à ses vassaux.

Quoi qu'il en soit, nous le répétons, c'est au moment où la féodalité forme dans les campagnes le noyau d'une classe libre et propriétaire , que le bail à ferme reparaît. Il a sommeillé avec l'extinction de cette fraction la plus importante du tiersétat; il renaît lorsqu'un pouvoir intelligent vient

(i ) M. de Sismondi (loc. cit., 1. 1, p. i86) est aussi de cet avis.

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