PREFACE. XCIX
qu'il ne posscJe p:is aussi une i)ropriclé foncière qui lui sert de cautionnement auprès du bailleur. Plus sa petite fortune sera engagée dans sa spéculation , plus il mettra de soins et d'activité pour la faire réussir. Sans doute il faut s'attendre à rencontrer encore ici l'empire des préjugés et des habitudes; mais l'intérêt particulier leur enlève une partie de leur obstination. C'est d'un pays de fermes qu'est partie la substitution de l'assolement alterne à l'assolement triennal (1).
L'existence des baux à ferme révèle donc dans nos départements une classe agricole ayant une existence assise sur des bases solides, et possédant plus d'éléments de progrès et de prospérité que !• classe des métayers. Le fermier d'une ferme un peu considérable est un centre d'activité autour duquel viennent se grouper une foule d'industries auxiliaires qu'il alimente et qu'il soutient. Il fait travailler le charpenlier, le charron, le bourrelier, le maçon, etc., etc. Il entretient des domestiques; il a une clientelle de journaliers qui l'appellent notre maître; il répand autour de Ir.i le travail et l'argent. Par là une légitime influence lui est acquise; il a de la consistance, de l'ascendant, et quand il paie bien le propriétaire, il marche presque de pair avec lui. C'est pourquoi la loi, reconnaissant ce que cette position a de respectable, met sur la tête du fermier une part de la contribution, pour lui donner