C PREFACE
le cens électoral. Ce n'est pas chez nous comme en Angleterre , où le fermier , placé sous la main du propriétaire , obéit aveuglément à ses volontés; de telle sorte que l'opinion libérale le redoute comme un servile instrument, et cherche autant que possible à l'exclure des droits politiques. La loi n'a pas en France et ne doit pas avoir cette défiance. Elle sait que le fermier de nos campagnes est placé dans des conditions d'indépendance ; elle lui ouvre sans crainte une voie dans laquelle on n'est reçu, qu'autant qu'on offre des garanties à la société.
Ces garanties sont d'autant plus solides de la part du fermier, qu'avec de l'ordre , de l'économie et de l'honnêteté, il a devant lui tous les moyens d'augmenter son patrimoine. Je connais des cultivateurs qui n'avaient que leurs bras et un faible capital quand ils ont commencé à travailler , et qui possèdent aujourd'hui 50, 60, 80,000 francs de biens au soleil, acquis par leur industrie et à la sueur de leur front (1). Tous les fermiers ne sont pas aussi heureux sans doute; il y en a qui travaillent beaucoup sans beaucoup acquérir. Mais dans toutes les branches d'industrie il y a de mauvaises chances; dans toutes il faut faire la part delà mauvaise administration et de l'incapacité. La récompense
(i] V. par exemple siiprà, p. rxxxni, ce que j'ai rapporté des fermiers du Sanglerre, devenus en grande partie propriétaires du sol.