‹ De l'échange et du louage (volume 2)Chapitre 75 sur 125 · V.IV PREFACE · texte numérisé non relu

V.IV PREFACE

progrès; qu'il dominera d'une manière très notable dans des déparletnents où il commence seulement à éclore; et qu'on verra de plus en plus le paysan maître de la terre par le moyen pacifique du travail et de l'économie. Ce sera là une de ces grandes révolutions opérées sans secousses sanglantes et sans injustice, une de ces transformations sociales d'autant plus légitimes qu'elles se font d'ellesmêmes, et comme par la puissance des mœurs.

Le législateur, toutefois , devrait s'y tenir préparé. Car la propriété ne saurait se déplacer sans qu'il n'en résulte des tiraillements pénibles dans la société. Par exemple, quel parti prendront ceux qui seront , en quelque sorte, exilés de la propriété foncière, faute de pouvoir la cultiver? quelle destination donneront à leurs capitaux les hommes politiques , les fonctionnaires publics , les avocats , les médecins , les gens de lettres , les marchands , les citadins , les esprits spéculatifs , toutes les personnes, en un mot, que leur état, leur goût, leur vocation , éloignent de l'agriculture , mais qui , jusqu'à présent , ont tenu à la possession des terres , parce qu'elle est la plus solide et la plus attachante ? Se jetteront-elles sur la propriété bâtie ? mais il n'y a pas place pour tout le jnonde. Courront-elles le risque des entreprises industrielles , des associations commerciales? mais, jus([u'à présent, l'expérience a prouvé que le commerce ne profite qu'à ceux (jui le font eux-mêmes et en ont la science ou le génie 5 il n'a été que trop mortel aux capitaux civils.

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