CVI PREFACE
ne pense pas que sa réalisation puisse amener des résultais généraux profondément décisifs.
L'agriculture n'est rien moins qu'une théorie; elle veut comme toutes les sciences être éclairée par la pratique, et c'est souvent en mettant la main à l'œuvre qu'on s'aperçoit du vide et des mécomptes des méthodes spéculatives. Or, pour pratiquer l'agriculture avec quelques succès, il faut surtout être doué d'une vigueur de corps, qui n'est ordinairement l'apanage que de celte classe robuste que les travaux des champs ont de bonne heure endurcie à la fatigue. Si vous pouvez, comme votre fermier, devancer l'aube matinale pour réveiller vos serviteurs qui dorment encore; si vous avez un corps de fer qui vous permette de saisir le soc d'une main calleuse, de le conduire aux ardeurs du soleil , de laisser percer vos vêtements par la pluie froide de l'hiver, de traverser des chemins dilFiciles à pied, à cheval ou dans de dures charrettes, par le froid ou par la chaleur ardente de la canicule pour suivre le cours des bestiaux, des laines, des blés dans les foires et marchés des environs; eh! mon Dieu! soyez vous même l'entrepreneur de vos fermes, et vous gagnerez ce que gagnait votre fermier ; vous travaillerez pour vous et vous travaillerez mieux; vous donnerez à la terre les avances qu'elle demande pour en rendre les fruits avec usure; économe de ses forces , vous ne serez avare que pour les ménager.
Mais si quelques unes de ces conditions vous