XIV PREFACE
formidable accusation! 11 est vrai que cette pauvre loi de 4824, qui ne se croyait pas si méchante, aurait pu tout aussi bien être présentée et aurait été très certainement sotUenue par un aristocrate de la façon de M. François de Neufcliateau, dans les idées agronomiques duquel elle rentrait complètement. Mais n'importe! le mot fatal avait été prononcé, et la loi ne résista pas! Ai-je donc si grand tort de redouter que des susceptibilités jalouses ne viennent s'ajoutera l'apathie trop naturelle aux intérêts agricoles, pour contrarier longtemps encore les réunions de parcelles réclamées, par les agronomes intelligents de tous les partis (1)?
Passons maintenant au LoMfl^re. L'histoire philosophique de ce contrat nous occupera plus longtemps. Il offre au jurisconsulte qui veut pénétrer dans le fond des choses un sujet intéressant et étendu. Il est , dans «os sociétés modernes , un des contrats qui exerce le plus d'influence sur la prospérité publique; il associe aux jouissances de la propriété ceux qui ne sont pas propriétaires; il est le nerf de l'agricullure, cette mère nourrice des états , à qui il donne des colons laborieux et intéressés à ses progrès. Tour à tour il recrute celte milice industrieuse qui féconde nos champs , ou alimente et cherche à
(i) Mon opinion sur l' abrogation de la loi de 1824 est aussi celle de MM. Champioimière et Rigaud, qu'on ne soupçonnera pas de tendances aristocratiques. On peut voir ce qu'ils ont dit à ce sujet dans leur Traité des droits d' enregistrement (t. III, n° 2174), l'un des meilleurs Uvrcâ de jurisprudence qui ait été publié depuis longtemps.