PREFACE. V
» après iun des lij^uHgers inienta action de retrait, et dit » que c'est vraie vente déguisée sous nom d'échange, même » que les rentes avaient élé aussitôt raclietées. M. de Mon- » tliolon dit, au contraire, qu'il n'avait rien fait que de » bonne foi, lui ayant élé permis de rechercher les moyens, » afin que la ma son ne fût évincée; sur I<'S((uelles contes- » talions le parlement débouta le lignager du lelrait. »
Hors (le là, l'échange reste obseur et inaperçu dans le vaste mouvement qui lient en éveil l'activilé de noire nation. J'en puis dire aut;int du temp"? «ù nous vivons. Dans cette action incessante (|ui lait circuler la propriété depuis le sommet jusqu'aux extrémités du corps social, quelle est la part de l'échange? je parle toujours des rapports internes : elle est presque nulle; rarement 1 écliange vient se mêler aux mutations devenues si fréquentes de nos jours. 11 faut des circonstances toutes particulières, des raisons exceptionnelles de convenance privée pour y avoir recours.
Et cependant ne nous hâtons pas de le déclarer impuissant; il pourrait ne pas être inutile à notre agriculture, si des mains intelligentes voulaient l'employer à guérir l'une de ses plaies. En effet, une grande partie de noire sol est morcelée pur petites parcelles; la propriété en est éparpillée çi et là, comme si elle eût été jetée au vent, et toutes ces fractions enchevêtrées les unes dans les autres, restent inabordables et presque inexploitables à raison de l'absence des chemins et des diiticullés qui eu résultent entre voisins. C'est ce qui fuisail dire a M. François de Neufchàteau : « Avec les territoires hachés, cisailles, sans chemins pour » arriver aux lambeaux qui les constituent, l'agriculture » froissée en outre par les entraves que le parcours et la » vaine pâture multiplient autour d'elle, ne peut pas plus » grandir qu'un enfant qu'on garoUeraitau berceau avec des » liens de fer. » Quel serait donc le moyen de faire disparaître cet échiquier qui esl le désespoir de notre agriculture? non p;is que je veuille attaquer par là la division de la propriété et sa réparlilion dans les mains du plus grand nombre ; loin de moi toute parole d'improbation pour un état de choses où la France trouve son poiut de repos, et qui après l'avoir sauvée d'une lévolulion en 1850, la préservera, j'espère, de nouvelles crises dans l'avenir. Ce que je déplore est tout différent, et il ne faut pas confondre la division de la propriété avec le morcellement et les hachures dti sol. One les trop grands domaiues, qui de tout temps ont été le fléau des empires, aient été coupés en fiactions d une certaine contenance, soit par suite de la décadence qui frappe toutes choses ici bas, soit par la marche iucessu.ite de notre loi tur les prirtages des successions, soit enliu par la spécu-