‹ De l'échange et du louageChapitre 4 sur 110 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

lalion (|iii a fait dos biens fonds nu ol)jol de eoniniercc; que cette division ait mis ces nombreux fragments à la portée de la classe moyenne et des cultivateurs, qui sont venus y verser le fruit de leur labeur et de leurs épargnes, c est là un excellent résultat ; il faut y applaudir, et pour mon compte, j'y vois un de ces grands progrès qui influent sur la destinée d'un empire; car tout un élément de notre civilisation a été retrempé. La bourgeoisie franchissant ses limites d'autrefois ne s'est pas contentée d'élever sa tête jusqu'aux régions supérieures de la société; elle a prolongé ses racines dans les couches inférieures de la population; la, elle s'est recrutée d'hommes laborieux, infatigables, cultivant pour leur propre compte, et trouvant dans le travail de leurs mains une honnête indépendance. Or, c'est le principe diviseur des terres qui a fécondé cette extension de la bourgeoisie, et l'Etat y a gagné prodigieusement ; car un large support lui a été donné, qui a pris sa base, non dans des idées mobiles et des intérêts précaires, mais dans la propriété même, ce solide et pacifique fondement de l'édifice social. Aussi qu'est-il arrivé? C'est que la propriété est, après la famille, la seule colonne de l'Etat que le ravage des sopbismes n'ait pu parvenir à entamer. Je sais bien qu'on y travaille; les novateurs, je me trompe! les imitateurs ont repris une œuvre de destruction, tentée bien des fois, soit par les passions populaires déchaînées, soit par l'abus des principes mal compris du christianisme, soit enfin par une philosophie brutale et sophistique. Mais ce qui a échoué, même dans des sociétés en proie aux plus grandes misères des classes inférieures et aux plus grands déchaînements des orages politiques, a moins de chances que jamais de réussir aujourd'hui ; car indépendamment des sympathies et du respect que la propriété trouve dans les convictions spontanées de l'humanité, elle se défend encore par les intérêts innombrables que la division des terres a groupés à sa base.

Tel est donc le double avantage de la propriété moyenne et petite : d'abord, de former une t^orte d'assurance mutuelle d'autant plus puissante que le nombre des associés est plus considérable; ensuite, de ramifier au bein de la mobilité démocratique, l'élément de stabilité qui s'attache à la possession du sol.

Mais voici maintenant où commence l'inconvénient dont je parlais tout à l'heure. Supposons, par exemple, dix hectares de terre appartenant, l'un dans l'autre, à chaque famille propriétaire. Si ces dix hectares ne sont pas réunis eu un t^eul corps, s'ils forment cinquante, quatre-vingts, cent pièces d(; terre séparées par de certaines distances, on a[>eimil tout de suite ce qu'il y a de fâcheux pour le cultivateur

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