‹ De l'échange et du louageChapitre 30 sur 110 · PREFACE. LI · texte numérisé non relu

PREFACE. LI

elle fit beaucoup pour améliorer sa condition (1). Au moment de la révolution, la classe agricole élait arrivée à un état de binn-êlre im onlestable. Si elle s'insurgea avec tant de fureur contre les châteaux, ce n'est pas la misère qui arma ses mains acharnées ; ce fut l'oreueil féodal qu'elle voulut châtier, orgueil puéril mais insultant, qui corrompit les bienlaits immenses que la féodalité prodigua à ses vassaux.

Quoi qu'il en soit, nous le répétons, c'est au moment où la téodalité forme dans les campagnes le noyau d'une classe libre et propriétaire, que le bail à ferme reparaît. 11 a sommeillé avec l'extinction de cette fraction la plus importante du tiers-état; il renaît lorsqu'un pouvoir intelligent vient la régénérer. Aussi, quand les coutumes se formulent, elles nous montrent la plus grande partie du territoire exploitée par les baux à ferme et les baux à colonage (2). Dés lors, on respire plus à son aise ; l'industrie agricole a trouvé ses ouvriers, la liberté ses plus robustes enfants.

Mais pendant que le bail à ferme partageait, ainsi que je viens de le dire, les vicissitudes de la propriété, quel avait été le sort de l'agriculture, cette compagne de ses revers et de ses succès?

Quelques lueurs sont parvenues jusqu'à nous sur la science agricole au quatorzième siècle. Cette science est par sa nature celle qui reste le plus stationnaire. Si, d'un côté, elle est lente aux progrés, de l'autre elle trouve dans ses immuables traditions des points d'arrêt qui l'empêchent de déchoir tout à fait. La méthode de labour était presque la même que du temps de Caton, Varron et Columelle. La charrue du midi était celle d» s Romains ; celle de la Touraine avait compliqué de deux roues son mécanisme. Sans le savoir sans doute, on semait, on sarclait, on moissonnait suivant les préceptes de Virgile. La faux, la faucille, les autres instruments d'agriculture, avaient la même forme que dans les temps de la

(1) M. de Sismondi {loc. cit., 1. 1, p. 186) est aussi de cet avis.

(2) Cambrai, t. XIX, art. 45, 46, 3.

Aujou, art. 104.

Maine, art. 117.

Berry, t. V, art. 15, t. IX, art. 31 et 37, t. IV, art. 5.

Nivernais, cli. 32, art. 19.

Bergues, t. VI, art. 20.

Dunois, art. 87.

Courlrai, t. VU, art. 161.

Lille, t. XVi,art.5el6.

Gouvernement de Douai, ch 13, art. 10.

Vermandois, art. 191.

Reims, art. 90.

Chatons, art. 192.

Vilry, arl.33.

LU

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