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20 VÉSICULES PRÔLIGÈRES ET SCOLEX.
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EXPÉRIENCES PERSONNELLES Matériel d'inoculation et technique. — Nos expériences person-
nelles ont porté presqu'exclusivement sur l’inoculation des vésicules proligères et des scolex.
Les germes qui nous ont servi provenaient, d’une part de kystes hydatiques de l'homme, d’autre part de kystes hydatiques du mouton. — On sait qu'il s'agit dans les deux cas du même parasite. L'identité entre l'E. hominis et l'E. veterinorum est depuis longtemps bien établie. — Nous avons recueilli les premiers : 1° au cours de l'opération, dans deux interventions pour kystes du foie, pratiquées à l'hôpital Bichat par MM. Picqué et Mauclaire, que nous tenons à remercier ic1 de leur grande obligeance ; 2° à l'autopsie ; nous avons eu l'occasion de faire à quelques mois de distance trois autopsies de kystes du foie, qui nous ont permis de faire une abondante récolte de germes échinococciques. — Pour la majorité de nos expériences, les germes provenaient de kystes échinococciques du foie et du poumon de mouton. Grâce à l'extrême amabilité et à la grande complaisance de M. Martel, vétérinaire aux abattoirs de la Villette, nous avons pu recueillir ces kystes nous-même le matin; les inoculations étaient faites dans l'après-midi (environ 8 ou 10 heures après que l'animal avait été abattu). Dans deux ou trois expériences seulement, par suite des circonstances, nous n'avons pu utiliser ces kystes que le lendemain : le liquide était du reste au bout de ce temps encore parfaitement limpide, et les v. proligères intactes pour la plupart. Nous avons examiné avec soin, chaque fois, les germes que nous inoculions pour nous assurer qu'il ne sy était
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pas glissé quelques petites vésicules filles. La présence des vésicules filles dans les échinocoques de moutons est du reste extrémement rare : nous n’en avons rencontré que deux fois sur plusieurs centaines de kystes examinés ; dans un cas elles étaient microscopiques : dans l’autre cas, concernant un vieux kyste du foie, il existait une dizaine de vésicules du volume d'une noisette à un pois et un grain de chènevis.
Il est à peine besoin de dire que récoltes et inoculations ont été faites avec l'asepsie la plus rigoureuse : d’ailleurs nous n'avons jamais eu dans nos expériences d'accidents infectieux.
L'animal qui nous a servi pour toutes les expériences que nous allons rapporter a été le lapin (lepus cunniculus). — I] est nécessaire d'ouvrir ici une parenthèse.
Le lapin est, comme on sait, un animal fertile en parasites ; il est l'hôte habituel du /ænia pisiformis, ver Kystique qu'on rencontre chez lui d'une façon à peu près constante, en plus ou moins grand nombre. Son siège le plus commun est l’épiploon ; mais on le rencontre également dans les mésentères, dans les fosses iliaques ou encore, entre les anses intestinales. Nous l'avons retrouvé très fréquemment dans un siège particulier qui nous intéressait : dans le bassin, en dehors du péritoine, de chaque côté du rectum. Trois fois nous l’avons vu logé à la sur-" face du foie, sous le péritoine hépatique. Dans un cas enfin nous avons trouvé un pisiforme dans le médiastin, enfoncé, en arrière du cœur, dans l'angle de bifurcation de la trachée (il était sans doute parvenu en ce point en cheminant dans la séreuse périæsophagienne).— Le lapin est encore fréquemment porteur d’un tænia cystique, le /ænia cœnurus $erialis, qui siège de préférence dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Aussi ne doit-on conclure à la nature échinococcique d’un kyste chez cet animal qu'après un examen approfondi. Nous avons contrôlé dans tous les cas par l'examen microscopique la nature des kystes que nous avons rencontrés chez nos animaux en expérience : nos pièces étaient fixées au formol, incluses dans la paraffine, et les coupes colorées à l'hématéine-éosine ou à la thionine.
Le lapin ne peut-il pas être spontanément porteur de kystes échinococciques ? On croyait anciennement que la variété de
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kyste en question n était pas rare chez cet animal; mais il est bien établi, depuis les travaux de Davaine et de Baillet, en particulier, que les tœnias cystiques décrits jusque là comme étant des échinocoques, étaient en réalité des cœnures. Aussi Davaine déclare-t-il que les kystes échinococciques sont inconnus chez les rongeurs. D'autre part ces kystes ne se trouvent pas signalés parmi les parasites du lapin, dans le Compendium d’helminthologie si complet de von Linstow (61). — Cependant nous avons pu en retrouver deux cas : l'un est signalé brièvement par Chatin (62), qui reproduit une préparation de crochets de tœnia échinocoque « provenant d’un kyste hydatique du foie d’un lapin (laboratoire municipal) ». Le second nous a été obligeamment indiqué par le prof. Railliet, qui y fait allusion dans son Traité (63) : c'est un cas de Baïllet, observateur qui, comme on sait, fait autorité en matière d’helminthologie, « En juillet 1861, dit cet auteur, nous avons trouvé un échinocoque parfaitement caractérisé, et très semblable à celui des ruminants, dans le foie d’un lapin domestique » (64).
Il s'agit donc là de faits tellement exceptionnels qu'ils sont à la vérité négligeables dans la pratique. Ils ne peuvent d’ailleurs constituer une cause d’érreur dans nos expériences, car dans toutes nous avons rencontré des formations kystiques jeunes exclusivement développées du niveau de l'organe inoculé.
Nos inoculations ont été pratiquées, d’une part, dans les séreuses péritonéale et pleurale, d'autre part dans les parenchymes pulmonaire et hépatique, enfin dans les veines auriculaire et mésentérique.
Les inoculations intrapleurales et intrapulmonaires ont été faites avec la seringue de Debove et une aiguille de 0""6 à omm7 de diamètre intérieur.
Les inoculations intrapéritonéales ont été pratiquées, les unes directement à travers la paroi abdominale avec la seringue et l'aiguille, les autres à la pipette après laparotomie.
Quant aux inoculations intraveineuses pratiquées avec la seringue et l’aiguille ci dessus indiquées, elles ont été faites dans la veine de l'oreille — sauf une, faite dans une veine mésentérique. Nous injections en moyenne 2 cc. de liquide hydatique