‹ De l'Échinococcose SecondaireChapitre 12 sur 64 · PROC RE · texte numérisé non relu

PROC RE

contenant en suspension des vésicules proligères et des scolex.

Disons au Sujet de ces inoculations intraveineuses, que nous avons dans un certain nombre de cas observé, immédiatement après l'injection, des accidents plus ou moins accusés consistant en dyspnée, en petites secousses convulsives, et en une astasie assez particulière presque constante : l'animal, étonné, oscillait un instant sur ses pattes et malgré ses efforts pour se redresser finissait par se coucher sur le côté, ou bien il s’étendait sur le ventre, les pattes allongées, le museau à terre, les oreilles basses. Ces accidents, assez inquiétants dans quelques cas, disparaissaient généralement peu à peu au bout d'une demi-heure ou trois quarts d'heure, et les animaux ne présentaient désormais plus rien d’anormal. Dans deux cas, la mort est survenue rapidement après l'inoculation avec une symptomatologie identique : l’animal a un mouvement de recul, oscille, perd son équilibre et se couche sur le flanc : si on veut le relever, on voit qu’il est mou, sans résistance : sa respiration est très rapide : puis 1l évacue sa vessie et son rectum: bientôt il est pris de convulsions, pousse deux ou trois cris et meurt — la scène ayant duré en tout 2 ou 3 minutes.

Nous aurions tendance à attribuer ces accidents plutôt aux embolies pulmonaires échinococciques quelquefois massives, qu'à la toxicité du liquide. Cela, pour les raisons suivantes 1° Lorsque la quantité des v. proligères passant dans l'aiguille a été minime, nous n'avons pas observé d'accidents, même avec des doses assez élevées de liquide (4 à 5 cc. injectés en moins d'une minute); 2° Par contre, lorsque la quantité des v. proligères a été forte nous avons observé des accidents inquiétants, mortels, et ceci même lorsque la quantité de liquide était minime (rec. à 1,5 cc): 3° Enfin nous avons pu faire une expérience comparative : deux lapins vigoureux, auxquels nous avions fait successivement une injection intraveineuse de 2 cc. deliquide du même k. du foie de mouton, contenant une forte dose de y. proligères, eurent des accidents qui pendant une demi-heure nous firent craindre la terminaison mortelle. Nous fimes alors à un troisième lapin une injection intraveineuse de 3 cc. de liquide seul provenant du même kyste, et en faisant cette injection avec la même vitesse que dans les deux autres expériences : l'animal

No

ne présenta pas le moindre trouble. Cette expérience semblerait donc démontrer que les accidents observés chez les deux autres animaux étaient de nature mécanique et non de nature toxique. Cependant nous ne voulons pas tirer de ces faits des conclusions définitives. À

Avant de commencer l'exposé de nos inoculations de v. proligères et de scolex nous rapporterons trois expériences un peu particulières qui mettent en évidence un fait que nous tenons à établir dès le début de cette étude.

EXPÉRIENCE I]. — 8 décembre 1900. Laparotomie. On dépose dans la cavité péritonéale deux vésicules filles de la grosseur d’une cerise, provenant de k. du foie d’une femme opérée le matin. — Mort

de l’animal le 25 décembre (17 jours). A l'autopsie on trouveles deux vésicules tendues, parfaitement transparentes, enveloppées dans l’épiploon : de fins vaisseaux parcourent leur surface de place en place. Des coupes histologiques d’une de ces vésicules montrent qu'elle est en partie recouverte par l’épiploon et que sur le reste de sa surface elle est tapissée par un endothélium doublé d’une mince couche de cellules conjonctives jeunes. Ÿ

Exp. Il. — 26 mai 1900. Laparotomie. On place dans la cavité péritonéale 3 cent. carrés de la paroi d’un k. du foie de l'homme opéré le matin : de nombreuses vésicules proligères sont encore adhérentes à la face interne de la paroi kystique. — Animal sacrifié le 16 septembre (173 jours). Autopsie : on trouve, {ncluse dans l'épiploon, qui est froncé à son niveau, une tumeur allongée blanche, brillante, parcourue à sa surface de fines arcades vasculaires. Une section transversale permet de reconnaître immédiatement la paroi kystique, roulée en oublie et enkystée dans l’épiploon. Un examen plus attentif montre à chacune de ses extrémités une petite saillie hémisphérique, transparente, contenant un liquide eau de roche et formée par deux ou trois petits kystes nettement échinococciques.

Exp. II. — 26 mai. Laparotomie. 3 cent. carrés de la paroi kystique utilisée dans l'expérience précédente (nombreuses vésicules proligères) sont déposés dans le péritoine.— Animal sacrifiéle 11 janvier 1901 (230 jours). On trouve une tumeur kystique blanche, fluctuante, translucide, 2ncluse dans l'épiploon. Une ponction à la pipette donne trois à quatre cent. cubes de liquide eau de roche. Une section transversale montre que la tumeur kystique est bien incluse dans l’épiploon et tapissée à sa surface, non seulement par la séreuse péritonéale, mais aussi par de la graisse dans laquelle courent de nombreux vaisseaux. Sur une coupe microscopique on voit la membrane adventice fibreuse se continuer à sa périphérie avec le tissu cellulaire sous-péritonéal. Dans l’intérieur de la tumeur kystique on trouve tassés les uns contre les autres, une quinzaine

de kystes qui mesurent en moyenne 8mm de diamètre. Le microscope met en évidence leur nature échinococcique (couche interne granuleuse, cuticule feuilletée). Ces kystes sont stériles : le liquide recueilli ne contenait ni scolex, ni crochets, et il nous a été impossible d’en découvrir sur les coupes microscopiques.

Ainsi des vésicules filles, des lambeaux de paroi kystique déposés dans la cavité péritonéale, à la face interne de la séreuse ont été retrouvés au bout d’un temps variable (dès le 17° jour dans notre première expérience) en dehors de la cavité, dans le « tissu cellulaire sous-séreux ». Disons par avance que le même phénomène s'observe après l’inoculation intra-séreuse de v. prohgères et de scolex : on retrouve ces germes se développant sous la séreuse.

Ce fait, qui a déjà été signalé par Bobroff et von Alexinsky | et par Garréet Riemann, estextrêèmement important. Il démontre en effet que le siège d’un kyste dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, n’est pas, ainsi que l'ont admis Freund, Ratimoff, Sklifosowsky, la preuve de l'origine extrapéritonéale et primitive d'un tel kyste; les kystes sous-péritonéaux peuvent provenir de germes déposés, tombés dans la cavité péritonéale — bien plus, ce siège sous-séreux est à lui seul un indice extrémement probable de l’origine intrapéritonéale, c'est-à-dire, secondaire du kyste: Nous aurons l’occasion d’en donner la preuve au cours de ce travail. ;

Comment une vésicule fille, un lambeau kystique relativement volumineux peuvent-ils (traverser » la séreuse ? Par un mécanisme fort simple, qui n’est pas particulier. à cette variété de corps étranger du péritoine, et qui a été parfaitement étudié par F. Marschand (64). Cet auteur ayant introduit dans le péritoine de cobayes et de lapins des morceaux de liège, d’éponge, de moelle de sureau, put suivre jour par jour la «migration » apparente des corps étrangers «à travers » la paro:; séreuse. Le corps étranger, quel qu'il soit, provoque par l'irritation de l’endothélium, un exsudat fibrineux qui est rapidement envahi par les leucocytes: les cellules endothéliales avec lesquels il est en contact ne tardent pas à disparaitre (au bout de quelques heures, d'après Marschand). Dès lors, le corps

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