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étranger, le germe échinococcique, englobé au milieu des cellules migratrices, fait en quelque sorte partie de la paroi péritonéale. Bientôt un endothélium « se sème » à la surface de l’amas de cellules de conjonctives jeunes qui l'entourent (et qui ne tarderont pas à devenir adultes). Et ainsi le kyste échinococcique est, en apparence, passé dans le « tissu cellulaire sous-péritonéal »; il est, en réalité, logé dans du tissu conjonctif de nouvelle formation et enkysté à la surface du péritoine.
Nous avons maintes fois pu suivre les différents temps de ce processus à la suite des inoculations intrapéritonéales ou intrapleurales des v. proligères et des scolex. Pour ce qui est de ces derniers éléments. il n’est pas besoin de supposer, comme l'ont fait certains auteurs, Soupault et von Alexinsky en particulier, une migration active à travers l’endothélium ou même à travers les classiques stomates péritonéales. Nous avons pu observer que les minuscules corps étrangers que sont les scolex étaient englobés suivant le processus habituel: #{s se {rouvaient dans l'attitude invaginée. D'ailleurs, le scolex, de par sa structure, n'est pas « taillé pour » la migration active; avec ses crochets et ses ventouses, il est fait pour la fixation.
En outre de ce processus histologique d’ inclusion 4e Corps étrangers, il existe un processus mécanique (et le plus souvent les deux processus s'associent). C’est ainsi que l’'épipioon enveloppe dans ses plis si souples les corps étrangers, même volumineux ; puis ces plis se soudent secondairement. On retrouve finalement le kyste échinococcique au centre de la masse épiploïque et semblant, à un examen superficiel comme celui qu'on peut faire au cours d’une opération, développé «entre les deux lames » de l’épiploon. — De même nous verrons des kystes de la surface du foie (et la même chose peut se produire pour la rate) déprimer cette paroi à mesure de leur développement, et s'enchâtonner au point de ne plus faire saillie à la surface de l'organe (voir par exemple le kyste e de l’exp. XXI). Ceci par suite de la pression mécanique, du foie repoussé par l'estomac contre la paroi abdominale, ou réciproquement. Probablement aussi dans ces cas, les frottements dus aux mouvements incessants d'abaissement et d'élévation du diaphragme, adent-ils cette pénétration.
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Nous allons maintenant exposer la série des expériences que nous avons poursuivies au sujet des inoculations intrapéritonéales, intrapleurales, intrapulmonaires et intraveineuses des vésicules proligères et des scolex.
A. Inoculations intrapéritonéales
Exp. IV.— 18 mai 1900. [noculation intrapéritonéale (seringue). V. proligères de k. du foie de l’homme, recueillies à l’autopsie 36 heures après la mort (liquide aseptique, germes intacts). — Autopsie le 22 août (96 jours). Tractus filiformes, irréguliers, anastomosés, flottant dans la cavité péritonéale. On en trouve jusque dans l'arrière cavité des épiploons et dans le Douglas. Pas de kystes.
Exp. V.— 18 mai 1900. Inoc. intrapéritonéale (seringue). Mêmes germes que dans l'expérience précédente. — Animal sacrifié le 2 septembre (707 jours). Autopsie négative.
Exp. VI. — 26 mai 1900. Laparotomie. Inoculation d'une pipette de v. proligères de k. du foie de l’homme opéré le matin. — Animal sacrifié le 16 septembre(r7135 jours). Autopsie : on trouve, en outre de quelques adhérences de la face antérieure du cœcum, une petite tumeur kystique appendue à l'extrémité d’un long pédicule, inséré à la face inférieure du foie, près de l’hiatus de Winslow. L'examen histologique y montre l'existence de 4 kystes accolés présentant la structure caractéristique des kystes échinococciques.
Exp. VIT. — 21 septembre 1900. Inoc. intrapéritonéale (seringue). V. proligères de k. foie de mouton abattu le matin. -- Autopsie le 16 novembre (55 Jours) : négative.
Exp. VIIT. — 21 septembre. Inoculation intrapéritonéale (seringue)}. Mêmes germes que dans l'expérience précédente. — Animal sacrifié le 14 janvier 1901 (714 jours). Autopsie:: on trouve à la face antérieure du cœcum, sous le péritoine, une fumeur kystique mesurant 6 à 7 mm. de diamètre : elle est constituée par à à 10 petits kystes accolés, polvédriques par pression réciproque, dont le plus volumineux mesure 3 mm, de diamètre. Le microscope montre que ces petits kvstes sont logés dans une capsule conjonctive commune, (et non dans un kyste échinococcique commun}. Cuticule feuilletée caractéristique. Dans les espaces linéaires qui séparent les kystes, il n'existe pas de cellules, ni de tissu conjonctif, mais une mince couche d’une substance grenue dans laquelle on trouve de nombreux crochets et des débris de scolex plus ou moins reconnaissables. Pas d’autres kystes échinococciques dans le péritoine.
Exp. IX. — 21 septembre. Inoc, intrapéritonéale (seringue). Mêmes germes que dans l’exp. précédente. Animal mortle 20 novembre (59 Jours). Longs tractus blancs, libres dans la cavité péritonéale. L'épiploon bourré de kystes pisiformes contient en outre une masse irrégulière de 1 cent. 5 de long sur 1 cent. de large au niveau de laquelle l'épiploon est froncé. L'examen microscopique montre qu’elle est constituée par une substance amorphe grenue et refringente dans laquelle on trouve une grande quantité de crochets. Pas
de formations kystiques.
Exp. X.— 21 septembre. Inoculation intrapéritonéale, faite à la seringue, au niveau de la ligne blanche, de v. proligères de k. poumon de mouton abattu le jour même. — Animal sacrifié le
11 janvier 1001 (1117 jours). À l’autopsie on trouve : 1° dans le tissu cellulaire Sous-cutané, exactement au niveau de la ligne blanche, accolée à la paroi abdominale, une /umeur polykystique, mesurant 7 à 8" de longueur et de largeur et 4"" d'épaisseur. Elle est constituée par 4 petits kystes, dont le plus gros a 3""5 de diamètre. 2° Dans la cavité abdominale sous l’estomac, en dedans de la rate, une fumeur polykystique, logée dans l'épiploon gastrosplénique ; elle est à peu près sphérique et mesure 11°" de diamètre. Une section de la tumeur la montre formée par une quinzaine de petits kystes accolés, polyédriques par pression réciproque. Le microscope montre la structure feuilletée de leur paroi et permet de trouver entr'eux de place en place des crochets et des débris de scolex. Pas d’autre formation échinococcique dans l'abdomen.
Exp. XI. — 27 nov. 1000. Laparotomie. On injecte une pleine pipette de v. proligères de k. poumon de mouton abattu le matin.— Autopsie le 20 avril 1901 (744 jours). 1° Dans le #issu cellulaire sous-cutané, à un centimètre à gauche de la cicatrice, un petit kyste gros comme un grain de chènevis. 2° Dans un des sillons transversaux de la face antérieure du cœcum, 3 petits Aystes accolés, placés sous le péritoine. 3° Dans le cu/-de-sac reclo vésical, tumeur polykystique transparente, tapissée par le péritoine, mesurant 12°" de long sur 7 de large. Elle est accolée à la paroi gauche de l'excavation pelvienne (voir la Fig. 3) entre le rectum et la base de la vessie, au dessous l’uretère qui longe son pôle supérieur; le canal déférent gauche longe son bord antérieur avant de s’enfoncer dans la prostate. L'examen histologique de cette tumeur montre la striation caractéristique dans la paroi des kystes accolés : il permet de trouver de place en place dans leur intervalle des crochets et des
débris de scolex. -
Exp. XIL. — 27 novembre 1900. Laparotomie. Inoculation à la pipette de v. proligères de k. poumon d'un bœuf. — Animal sacrifié le 2 juin 1901 (186 jours): un petit Ays/e gros comme un grain de chènevis situé dans le ligament péritonéal de l'ovaire ; un deuxième Æysfe gros comme un pois dans le méso-cœcum. Pas d'examen microcospique.
Exp. XIII. — 8 décembre 1900. Laparotomie sus-pubienne pratiquée avec précaution pour éviter la vessie. On dépose derrière elle, dans le cul-de-sac recto-vésical (lapin mâle), deux pipettes de v. proligères de k. foie de l’homme, opéré le matin. — Animal sacrifié le 2 juin 1901 (765 jours). La cavité péritonéale est libre, l’épiploon normal à part quelques pisiformes. On trouve un kyste sous-péritonéal (de la grosseur d’un grain de chènevis), accolé à la face gauche du rectum dans le bassin. On découvre en outre une tumeur polykystique dans le processus vagino-péritonéal gauche : tandis que le testicule droit est descendu hors de l’anneau inguinal, le testicule gauche et son épididyme sont fixés dans la région lombaire à la Hauteur de la crête iliaque ; le ligament parti de la queue de l’épididyme s'engage dans l’anneau inguinal, accompagné du processus péritonéal. Or il existe dans fe fond de ce processus extra abdominal, au niveau de la face antérieure du pubis gauche, une tumeur du volume d’un gros pois, un peu allongée et aplatie, transparente et rénittente. Elle remonte vers le canal inguinal quand on tire sur le ligament de la queue de l’épididyme. Nous avons tenu à conserver intacte cette pièce intéressante, aussi n’avons-nous pas pratiqué l’examen histologique du kyste; mais nous croyons pouvoir affirmer, même en l'absence du contrôle microscopique, la nature échinococcique de cette tumeur kystique, qui se présente avec les caractères macroscopiques habituels aux kystes échinococciques expérimentaux.
Exp. XIV. — 8 décembre 1900. Laparotomie médiane. Inoculation à Ja pipette de v. proligères de k. foie de l’homme, opéré le matin. — Animal sacrifié le 27 mars 1001 (7109 jours.) À l'autopsie : 1° sous la peau, inclus dans la cicatrice de la laparotomie, une série de petits Æysies superposés et accolés, au nombre d’une dizaine, et du volume moyen d’un grain de chènevis. 2° A la face postérieure de la paroi abdominale, en dehors de la cicatrice, trois petits Aystes du volume d’un grain de millet. Deux d’entre eux sont appendus à un long pédicule qui les rattache au péritoine pariétal. 3° Dans l’épiploon, tumeur kystique : la coupe faite après durcissement montre qu’elle est composée d’une dizaine de petits kystes accolés. Nous avons vérifié au microscope la nature échinococcique de ces différents kystes. Les coupes histologiques nous ont montré, en outre, que les deux kystes pédiculés de la paroi abdominale étaient bien recouverts de péritoine ainsi que le mince pédicule conjonctif auquel ils étaient suspendus.
Exp. XV. — 8 décembre. Laparotomie. Inoculation à la pipette de v. proligères de même provenance que dans l’exp. précédente. — Animal mort le 25 décembre {77 jours). A l’autopsie : dépôt blanchâtre au niveau de la cicatrice; trois masses blanc jaunâtre, en forme de pastille, accolées au cœcum; quelques longs tractus blancs tendus dans la cavité péritonéale. — Pas dé péritonite. — L'examen histologique des masses blanches péricæcales, nous a montré qu’elles étaient constituées par des scolex plus ou moins altérés englobés dans une masse fibrino-conjonctive jeune, bourrée