RÉSUMÉ
Pour commencer par ces dernières expériences, on voit que les inoculations intraveineuses ne nous ont donné qu'un seul résultat positif sur 14 tentatives. Mais nous avons hâte de faire remarquer que dans la moitié des cas (7 sur 14) la mort de l'animal est survenue avant le 408 jour. Or l'expérience nous a appris que la transformation kystique des germes inoculés n’est guère achevée avant le 40e jour environ. Dans deux autres expériences, la mort est survenue vers le 60° jour, et il est fort possible qu'un minuscule kyste de cet âge, inclus dans le poumon, nous ait échappé. Nous ajouterons que dans nos premières expériences, la dose de germes inoculés a été manifestement insuffisante. — Ainsi s'explique au moins en partie l'insuccès de la plupart de nos tentatives. Il n’en reste pas moins que dans deux ou trois expériences où l'inoculation a été relativement abondante, le résultat a été pourtant absolument négatif. Il semblerait que ce mode d'inoculation en égrenant les scolex isolément dans les diverses ramifications de l'artère pulmonaire, les livre à une phagocytose plus aisée que lorsque ces scolex restent en amas — ainsi qu'il arrive dans les inoculations locales ou intraséreuses : ici les scolex situés au centre sont sans doute plus ou moins protégés, et ont le temps
PSE
d'accomplir leur transformation kystique qui les mettra désormais à l'abri de l'attaque phagocytaire, si active dans le poumon. Quoi qu'il en soit de cette explication, nous retiendrons ce fait que la greffe semble assez difficile à obtenir par la voie sanguine. à
Si nous laissons de côté nos essais d’inoculation intraveineuse, il nous reste 30 expériences (en comptant les expériences IL et III), dans lesquelles nous avons tenté d'obtenir la greffe des vésicules proligères et des scolex. Nous én soustrairons sept dans lesquelles les animaux sont morts avant le 4o® jour (14, 17°, 22e, 24°, 26°, 26€ et 31° jour); d’ailleurs sur ces sept cas, quatre fois nous avons trouvé des scolex en voie de transformation kystique.
Restent en définitive 32 expériences sur lesquelles 23 ont été positives et 9 négatives. — Nous ferons remarquer au sujet de ces cas négatifs que 6 sur 9 provenaient de nos premières tentatives dans lesquelles la dose de germes inoculés était très insuffisante . et nous sommes persuadés d'autre part que certains petits kystes assez difficiles à retrouver, ont pu à cette époque, faute d’expérience suffisante, nous passer inaperçus.
Aussi conclurions-nous volontiers qu'on peut, par l'inoculation au lapin de doses suffisamment abondantes de v. proligères et de scolex, obtenir d’une façon à peu près constante la formation de kystes échinococciques.
Les expérimentateurs, comme on a pu le voir, s'étaient jusqu'ici presque tous attachés à reproduire la greffe des vésicules filles. La possibilité de la greffe des v. proligères et des scolex était encore récemment l'objet de vives contestations. Deux auteurs seulement, von Alexinsky et Riemann, avaient tenté l’inoculation de ces éléments dans le péritoine du lapin ; et si le premier avait réussi à obtenir des résultats positifs, le second par contre n'obtint que des résultats négatifs.
Nos expériences, en confirmant les résultats de von Alexinsky, viennent donc établir définitivement la réalité de cette greffe. Elles montrent le développement possible, extrêmement facile même, des kystes échinococciques aux dépens du mélange : v. proligères et scolex (la présence de ces derniers étant due à l'éclatement inévitable d’un certain nombre de v. proligères). —