‹ De l'Échinococcose SecondaireChapitre 17 sur 64 · CN ER · texte numérisé non relu

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Il nous reste à préciser la part qui revient à l’un et l’autre germe dans la formation des kystes.

Sans nier la possibilité du développement des kystes échinococciques aux dépens des v. proligères, nous devons dire que nous n'avons jamais vu jusqu'ici cette transformation (que von Alexinsky croit avoir observée) : nous l'avons inutilement recherchée dans toutes les occasions avec le plus grand soin.

Au contraire, nous avons observé des faits très démonstratifs qui confirment la transformation kystique des scolex suivant le mode de développement décrit par Naunyn.

1° Dans une de nos expériences (exp. XXVIII), nous avons pu inoculer à un lapin des scolex à l'exclusion des vésicules proligères. À l'autopsie de l'animal, faite au 63° jour, nous avons trouvé plusieurs tumeurs polykystiques dont le microscope nous a montré la nature indiscutablement échinococcique:

Fig. 2. — Pôle d’un kyste expérimental : amas de crochets

2° Nous avons pratiqué des coupes en série de ces tumeurs et également des deux petits kystes de l’exp. XVT (54 jours). II nous a été possible de suivre ainsi d’un bout à l’autre sur nos coupes 26 petits kystes. « Cet examen nous a fait découvrir, à la face interne de la cuticule feuilletée, dans l'épaisseur de la couche granuleuse et en un point très limité (puisqu'on ne le suit que sur deux ou trois coupes), un amas de crochets intriqués, qui forment une sorte de petit tumulus saillant dans la cavité kystique. Il n'existe qu'un seul amas de crochets par kyste, et nous l'avons retrouvé dans chacun des 26 kystes que nous avons examinés. La numération des crochets réunis en amas nous a donné un chiffre variant entre 26-30 et 38-42 (Fig. 2). Ces 30-40 crochets amassés en un point limité, dans chacun des petits kystes examinés, constituent bien la sionature du scolex qui leur a donné

naissance : c'est précisément en effet le nombre de crochets que possède un scolex. Il ne peut s’agir de la transformation kystique d'une v. proligère, car en ce cas on devrait retrouver dans chaque kyste, non un, mais $, 10, 20 amas semblables, et non pas 40 crochets, mais plusieurs centaines. » (Société de biologie, 16 mars 1901).

Depuis notre communication, nous avons eu l'occasion d'examiner plusieurs autres tumeurs kystiques jeunes sur des coupes en série. Nous avons encore retrouvé plusieurs fois l’'amas particulier de crochets: mais il nous est arrivé de rencontrer des kystes, qui en aucun point de leur paroi ne présentaient le moindre crochet — soit que les crochets aient disparu spontanément — soit plutôt que le scolex ait dans ces cas commencé sa transformation kystique éfant évaginé, ainsi que nous avons pu en observer un certain nombre d'exemples.

3° Nous avons pu d'autre part assister à cette transformation kystique des scolex; dans nos exp. XV, XXIX, XXXI, XXXV, nous avons suivi sur des coupes en série de nombreux scolex à des phases différentes de leur métamorphose kystique. Nous résumerons brièvement ici nos observations ; elles doivent d’ailleurs faire l'objet d’un mémoire qui paraîtra ultérieurement dans les Archives de parasitologie du Prof. Blanchard : 3

Le scolex augmente de volume ; son tissu devient plus lâche et forme un réseau léger dont les mailles allongées s'étendent du pourtour du rostre à la face profonde de la cuticule. Ce réseau qui sert de support aux nombreuses petites granulations et aux plaques chitineuses du scolex primitif, devient de plus en plus ténu et tend à disparaître. On voit en même temps les granulations se rassembler et s'étaler à la périphérie du scolex vésiculeux : elles vont constituer la couche granuleuse à la face interne de la cuticule. Celle-ci, très mince au début, s’est épaissie progressivement et présente bientôt les stratifications concentriques qui constituent la caractéristique anatomique des kystes échinococciques. — En même temps que le réseau central disparaît, les crochets qui avaient conservé quelque temps leur disposition en couronne, tombent en désordre : on les retrouve alors réunis et intriqués, au milieu d’un îlot de petites granula. tions qui constituent les vestiges des éléments musculaires des

ventouses-et du rostre. Granulations et crochets sont finalement refoulés à la périphérie, où ils vont former, au niveau de la cou-

che granuleuse le petit amas particulier que nous avons signalé

précédemment. ; Ces faits, on le voit, correspondent absolument à la description donnée par Naunyn.

Bien que nous nous soyons de parti pris, borné dans nos recherches et dans cette étude à établir avant tout les gros éléments de l’échinococcose secondaire, nous voulons donner une brève description de deux formations particulières que nous avons observées au cours de nos expériences et qui toutes deux sont liées à un processus de défense de l'organisme contre l’affection parasitaire.

Nous avons fréquemment trouvé à l’autopsie des animaux auxquels nous avions fait des inoculations intrapéritonéales ou intrapleurales, de longs /ractus blancs, flottant dans la cavité, en dehors de toute adhérence et de toute inflammation chronique de la séreuse. Ces tractus, filiformes par places, renflés et comme noueux en d’autres, souvent bifurqués et anastomosés, formaient parfois un véritable filet à larges mailles. Le microscope nous a montré que ces tractus sont constitués par de la fibrine servant de support à des leucocytes, à de nombreuses cellules rondes qui tendent à s'organiser en tissu conjonctif adulte. Par places, généralement dans les points renflés, on rencontre des crochets plus ou moins nombreux, dispersés sans ordre : dans leur voisinage immédiat il n'est pas rare de rencontrer des cellules géantes parfaitement caractérisées.

D'autre part on a vu que nous avions signalé dans un grand nombre de nos expériences, des nodules, constituant ce que nous avons appelé la pseudo-tuberculose échinococcique. Nous devrions décrire à part la pseudo-tuberculose d'origine sanguine, granulique en quelque sorte, que nous avons fréquemment observée dans le poumon peu de temps après nos injections intraveineuses, et la pseudo-tuberculose des séreuses. Nous nous bornerons à donner un aperçu de cette dernière forme.

A la suite des inoculations intra-péritonéales ou pleurales de v. proligères et de scolex, on trouve souvent, soit à la surface des

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viscères (foie, rate, utérus, testicule), soit au niveau des replis séreux et en particulier de l’épiploon, de petits épaississements blancs tapissés par l'endothélium de la séreuse. Les coupes histologiques montrent que ces nodosités sous-endothéliales résultent de l’accolement d’une petite néoplasie à la surface de l'endothélium. ‘

La néoplasie est formée de tissu conjonctif de nouvelle formation contenant en grand nombre des leucocytes de diverses “variétés : on y rencontre quelquefois des cellules géantes et des cellules épithélioïdes. Au centre du petit tubercule, on trouve des débris de scolex plus ou moins reconnaissables : dans les nodules jeunes on retrouve encore leurs plaques calcaires et leurs crochets formant des couronnes irrégulières. Les plaques calcaires ne tardent pas à disparaître : les crochets épars au milheu des fibrilles conjonctives persistent plus longtemps et permettent de reconnaître la nature spécifique des petits tubercules. Nous avons souvent vu sur nos coupes, des crochets isolés contenus dans la lumière de lymphatiques de néoformations : dans un cas (inoculation intrapleurale), nous avons retrouvé des crochets dans un des RULITRIE lymphatiques rétro-sternaux que nous examinions. À

Le plus souvent la petite néoplasie ne tarde pas à être envahie et infiltrée par de petits amas brillants, offrant l'aspect de glace pilée ; les amas peuvent être confluents et former de grands massifs réfringents. Il s'agit là très probablement d’une infiltration calcaire : ces amas brillants sont dissous par l'acide acétique. Nous ajouterons qu'on trouve souvent au milieu de tels massifs réfringents des scolex en voie de transformation kystique. — Dans les vieux tubercules, tantôt on trouve enkysté au centre un petit noyau blanc crayeux contenant des crochets, tantôt au contraire, tout élément caractéristique a disparu et on ne retrouve plus que du tissu conjonctif fibreux.

Ces lésions doivent constituer plus qu'un mode de réaction banale vis-à-vis d'un corps étranger banal: le corps étranger est ici hautement spécifique, et tel aussi doit être vraisemblablement le processus de défense de l'organisme. Cette pseudotuberculose échinococcique mérite en tous cas une étude approfondie, que nous avons réservée pour des recherches ultérieures.

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