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II. OBSERVATIONS CLINIQUES

. L’ensemencement des germes échinococciques est réalisé chez l’homme par la rupture spontanée, traumatique ou opératoire, des kystes hydatiques primitifs. Il peut se faire, comme nous le montrerons, dans des conditions extrêmement varices.

Nous commencerons notre exposé en rapportant un certain nombre d'observations dans lesquelles une intervention chirurgicale a reproduit l'inoculation artificielle des germes échinococciques : ces observations, ainsi qu'on l’a dit, ont la valeur de véritables expériences.

À. — Échinocoecose secondaire post-opératoire

OBs. |. — BiLLRoTH. — Une dame polonaise, que Billroth avait opérée d’un kyste hydatique « suivant le procédé ordinaire », revint un an et demi après, avec une tumeur, grosse comme un œuf de poule, dans la cicatrice, On avait d’abord pensé à un abcès dû à un fil; Billroth en fit ensuite un échinocoque. Effectivement l’incision de la peau permit d'énucléer un kyste hydatique. « Le hasard avait donc voulu ici que lors de la première opération, une tête (Æop/) ait été laissée dans la peau. »

O8gs. Il. — Bunincer.— Récidive locale observée chez un malade qui. avait été opéré en mai 1802 d’un kyste du foie (méthode de Billroth) ; kyste uniloculaire sans vésicules filles, dont la paroi avait été enlevée dans sa totalité avec le plus grand soin. Cependant le malade revint à la fin de l’année 1808 avec une récidive de son kyste.

Os. II. — Rourier. — Homme de 53 ans, bien portant jusque

là, sauf une jaunisse à 19 ans, et une colique hépatique {(?) en 1804.

Opéré en ge par M. Hartmann, d’un kyste double : les deux eine

poches étaient p s d'hydatides.

En 1807, de nouveau opéré par M. Hartmann pour des kystes

ie en er

hydatiques de la paroi abdominale formant de petites tumeurs au niveau de la cicatrice.

En 1808 troisième intervention (?)

Ce malade est adressé à M. Routier en 1899. « Sa cicatrice est comme soulevée en plusieurs endroits par de petites tumeurs sphériques grosses comme des noisettes en chapelet ». Opération : énucléation des kystes contenus dans la cicatrice. Ablation de plusieurs autres kystes logés dans le tissu cellulaire qui relie la vésicule à la paroi abdominale: « un de ces kystes s'enfonce dans le foie »; un autre kyste logé entre la vésicule biliaire et le foie nécessite la résection de la vésicule.

Ogs. IV. — Ricarp. — Malade opérée par Péan. Erreur de diagnostic: on avait cru à un fibrome, c'était un kyste qui fut dilacéré et dont le contenu se vida mi-partie par le vagin, mi-partie dans l'abdomen. « Quand elle revint plus tard pour se faire opérer, dit M. Ricard, je trouvai son abdomen farci de kystes hy datiques ».

Os. V. — QuEnu. — « Une jeune femme de vingt-cinq ans avait été opérée par moi, le r1 avril 1808, par incision et drainage, d’un énorme kyste hydatique du foie, face inférieure, renfermant six litres de liquide. La cicatrisation complète exigea cinq mois.

Dix-huit mois après son opération, elle s’aperçut de l'existence d’une petite boule à l'extrémité inférieure de l’incision cutanée. Cette petite boule grossit et la malade se décida à venir me voir au commencement de ce mois. Au cours de l’ablation de ce petit kyste, du volume d’un œuf de pigeon. on constate qu’il est développé dans le tissu cellulo-graisseux sous-cutané, sans aucune espèce de pédicule. »

Ogs. VI. — POoTHERAT. — « J'ai, moi aussi, observé sous La cicatrice d’une opérée de kyste hydatique par marsupialisation (enfant de huit ans, très volumineux kyste) une vésicule grosse comme une noix et j'aienlevécette vésicule par une incision. Mais je n’en conclus pas du tout que ce soit là une vésicule greffée.… »

O8s. VI. — TurFiEr. — « Je puis. citer, moi aussi, un fait observé il y a dix ans, dans le service de M. Théophile Anger. J'avais cpéré par marsupialisation, chez une jeune fille, un énorme kyste hydatique du foie. Deux mois après la guérison de son opération, elle revint me trouver avec un kyste sous-dermique formé par une grosse vésicule comprise dans la cicatrice, vésicule transparente renfermant un liquide eau de roche. Je l’excisai : la malade guérit. »

Ogs. VIIL: — QuéNu-Perir: —" Femme ôpérée,-lero juin808; d’un kyste hydatique de la rate, dont on marsupialise la poche. Evolution normale. La malade rentre de nouveau à l'hôpital le 19 juin 1900 pour une petite {umeur qui siège au niveau même de la cicatrice ; l'apparition de cette tumeur remonte au mois de janvier 1900. D’apparence bilobée, elle a dans son ensemble le volume d’un gros œuf de poule. L’examen montre qu’elle est entièrement située dans le tissu cellulaire sous-cutané. Opération le 25 juin. « Ainsi que l'examen l'avait fait présumer, la tumeur était bilobée ; il y avait

indépendance des deux masses entre elles. La masse interne fut disséquée aux ciseaux très facilement. Ouverte par extirpation, il s’en échappe le liquide caractéristique eau de ote avec deux vésicules filles. La masse externe fut d’une dissection un peu plus difficile. En l’incisant par le travers, on voit qu’elle est constituée, non plus par une poche unique, mais par une série de petites poches accolées et conglomérées, paraissant indépendantes les unes des autres et d'où s'échappent des résicules de dimensions variables “allant du volume d’un pois à celui d’une grosse tête d’épingle. »

Ogs. IX. — Courrin. — Kyste hydatique suppuré de la cavité thoracique. (M. Courtin dit: «de la plèvre»; mais rien dans son observation ne permet de l’affirmer).

Le 12 octobre 1891, opération de l’empyème : il s'écoule une grande abondance d’un liquide trouble et un nombre considérable de vésicules filles : lavage à l’eau boriquée. On bourre la cavité avec : des lanières de gaze iodoformée ; — le 16 octobre on renouvelle le

- pansement : il s'échappe encore une grande quantité de vésicules filles ; — le 19 novembre la vésicule mère commence à s’éliminer ; l'élimination dure jusqu’au 14 décembre.

Après l'expulsion de la poche une suppuration abondante se produisit, qui dura jusqu’au mois de mars. À la fin de mars, le drain laissait encore écouler du pus. M. Courtin pratique le 15 juin l'opération d’Eslander : incision comprenant l’incision ancienne ; dissection de la peau et du tissu cellulaire: «je trouve dans les muscles {rois petits kystes greffés sur les bords de la plaïe, que j'énuclée complètement. » (Il s’agit là d’un point que l’auteur signale accessoirement),

Voici donc une observation extrêmement intéressante dans laquelle des germes vivants persistaient dans un kyste suppuré, et ont pu se greffer dans la plaie, malgré un pansement antiseptique à la gaze iodoformée, et surtout malgré une suppuration continuelle et extrêmement abondante.

Dans les deux observations suivantes, il semble fort probable que l'intervention chirurgicale a été le point de départ d'une dissémination des germes dans la cavité abdominale (épiploon, bassin).

Ogs. X. — PouLron. — Femme opérée 4 années auparavant d’un grand kyste du foie par la méthode de Lindemann. À une

deuxième intervention, on trouve un grand kyste sous le lobe droit ” du foie et 2 petits kystes dans l’épiploon.

Ogs. XI. — Boissarp et CouDERT. — Femme ayant été opérée à l’âge de 18 ans(en 1890) pour un kyste hydatique du foie. Elle devint enceinte un an après cette opération ; 1% accouchement difhcile (for-

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