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ÉCHINOCOCCOSE DU PROCESSUS VAGINO-PÉRITONÉAL

Il est une localisation bien particulière des kystes hydatiques péritonéaux sur laquelle nous attirerons tout d’abord l'attention ; elle a jusqu'ici été à peine mentionnée. Et pourtant au point de vue clinique, comme au point de vue pathogénique, elle mérite certainement une description spéciale : nous voulons parler des kystes hydatiques du processus vagino-péritonéal.

Duplay (74) dans sa thèse sur les « collections séreuses et hydatiques de l'aine » signale quelques observations qui se rapportent à cette variété de kystes. Neisser (7) mentionne quelques cas de kystes du scrotum. De même Davaine (6), dans son traité, signale, d’après Guérault, la présence de kystes hydatiques de la tunique vaginale.

Péan (75) rapporte un cas de kyste hydatique du testicule trouvé à l’autopsie d’un vieillard; il ne dit pas s'il n'y avait pas d’autres kystes chez le sujet. À propos des kystes du cordon, le ‘ même auteur cite les observations de Nannoni ét de Sabatier qui, dit-il, « sont loin d’être concluantes ». «Chez plusieurs malades, ajoute-tl, nous avons trouvé des kystes hydatiques qui, de la fosse iliaque, se prolongeaient dans le cordon ». Malgaigne, cité également par Péan, aurait vu des kystes « qui avaient pénétré par l’anneau inguinal à travers le fascia transversalis èt qui oceupaient le côté intérne et postérieur du cordon ». :

Monod et Terrillon (76) signalent, d’après Kocher, que Cramer et Richter auraient vu « la cavité vaginale remplie d’hydatides.» Reclus (,) indique comme un cas jusqu'ici isolé l'observation de Muskett, dans laquelle un kyste hydatique intra-scrotal, fut pris avant l'incision pour une hydrocèle vaginale. Sébileau, dans son récent article du Traité de Le Dentu-Delbet, ne mentionne pas cette variété de tumeurs des bourses.

Berger (78) indique comme complication possible des hernies inguinales congénitales, les kystes hydatiques du canal vaginopéritonéal. Hunter et Bland Sutton en auraient observé chez le

ONE singe — Jaboulay (79) cite également à ce sujet les kystes hydatiques, et il fait allusion aux cas d’Eliot, Smith, Kolowski.

Nous avons pu relever en comptant ces cas une trentaine d'observations de kystes de la région inguino-scrotale.Malheureusement, presque toutes sont des observations uniquement opératoires, par conséquent incomplètes : les auteurs n'indiquent pas si ces tumeurs coïncidaient avec d’autres kystes de l'abdomen.

Malgré cette absence de renseignements positifs, — et sans nier, bien entendu, la possibilité de kystes primitifs de la région inguino-scrotale — nous pensons que la plupart de ces cas

doivent se rapporter à une échinococcose du processus vaginopéritonéal, qui n’est qu'un cas particulier de l’échinococcose secondaire de la séreuse péritonéale.

Nous rappelons que dans une de nos expériences, nous avons pu obtenir chez un lapin mâle un kyste du canal vagino-péritonéal, après inoculation de v. proligères et de scolex dans la cavité péritonéale (Exp. XII).

Voici d'abord quelques observations dans lesquelles les kystes siégeaient nettement dans le canal vagino-péritonéal.

OBs.Guyon(80).— Kyste hydatique recueilli à l'Ecole pratique sur une femme de 30 à 40 ans. Une portion de la tumeur fait saillie sous la peau à travers une éraillure de l’aponévrose du grand oblique. Elle occupe exactement le trajet inguinal, sans proéminer par-les orifices de ce trajet. Ce kyste paraît donc s'être primitivement développé dans le canal inguinal.

O8s. BERTHERANT (81). — Kyste hydatique de la région inquinale gauche, chez une jeune fille de quinze ans. — Incision ; pas d’autres renseignements.

Ogs. Larrey (82).— Kyste hydatique de la région inguinale chez un homme. Tumeur située dans les bourses du côté gauche, sur le trajet du cordon spermatique. « Dans le décubitus elle se réduisait en partie en s’engageant dans l'anneau qui était très dilaté.» —

Diagnostic à l’incision ; pas d’autres renseignements.

Voici maintenant cinq observations dans lesquelles on a noté la coexistence de kystes multiples du péritoine avec des kystes du processus vagino-péritonéal.

Fi

OBs. LX. — BLasius. — Homme de soixante ans; on trouve à l’autopsie, trente-sept kystes disséminés: dans le foie, la rate, le périloine et le scrotum.

Cas MicNon-LAFFORQUE (0Bs. LVII).

Cas DuPrÉé-DEvaux (oBs. XLIV).

O8s. LXI. — MurcHiNson. — Femme de vingt et un ans. «On sent une tumeur du volume d’une orange et tout à fait mobile dans la région inguinale droite.» — C'était un cas de kystes multiples du foie et du péritoine.

O8s. LXII. — VaLéEe. — Femme de soixante-treize ans, n'ayant jamais été malade, portant depuis vingt ans dans l’aine du côté gauche, une petite tumeur dont elle n’a jamais souffert ; le volume de cette tumeur varie souvent, elle ne rentre jamais complètement, mais ne devient jamais très volumineuse.

Cette femme, en soulevant un objet lourd, estprise, trois jours avant son entrée à l’hôpital, de douleurs dans la région inguinale, puis dans l’abdomen; des vomissements surviennent : on fait le diagnostic de hernie étranglée.

A l'ouverture de la poche inguinale, «on la voit alors remplie d’une masse d’aspect gélatineux, constituée par une grande quantité de vésicules, qui ne sont autre chose que des hydatides.» Il y en a une soixantaine, de toutes dimensions, les plus petites remplies de liquide clair, les plus grosses du volume d’une noix et aplaties. Le kyste est facilement libéré des tissus environnants... Mort.

Autopsie : excavation pelvienne remplie par une tumeur kystique adhérente au rectum, à la vessie et s'étendant vers l’échancrure sciatique droite : elle est formée par érots poches intimement accolées et remplies de vésicules filles. « Plus haut, dans la région dorso-lombaire, se trouve une autre tumeur du volume d’une tête de fœtus. Elle adhère en arrière à la paroi abdominale postérieure, à droite au côlon ascendant, à gauche, à l'estomac. Aucune trace d’autres kystes dans les viscères. »

Nous rapprocherons de ces cas une observation tirée de la pathologie comparée.

OBs. REIMANN (83).— Æchinocoques multiples de la séreuse péritonéale chez un chien : « La plupart des échinocoques avaient un volume variant de celui d’une noisette à celui d’un œuf de poule; les plus petits étaient gros comme des pois, les plus volumineux gros comme le poing d’un homme. Les hydatides étaient répandues dans tout le péritoine, jusque dans le bassin et dans fi aine vaginale, autour des testicules. Celles qui n'étaient pas libres adhéraient au mésentère ou à l'épiploon. Il n’existait pas d'hydatides au sein des organes abdominaux. »

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