‹ De l'Échinococcose SecondaireChapitre 38 sur 64 · NUS · texte numérisé non relu

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tous ces arguments réunis nous semblent parler d’une façon éloquente en faveur de l'hypothèse d'une échinococcose pulmonaire embolique, d'origine hépatique. — Par contre, nous considérons le kyste du sacrum comme très certainement primitif et pathogéniquement indépendant des kystes du foie et du poumon. Cette discussion serait applicable à l'observation de Marie et louchard (132) dans laquelle on trouva à l’autopsie, coïncidant avec un kyste hydatique du foie ancien, affaissé et crétacé, trois kystes du poumon, logés : le premier dans le lobe inférieur gauche, le second dans le lobe supérieur droit, le troisième dans le lobe moyen droit; mais ici évidemment l'interprétation est plus discutable.

Nous arrivons maintenant à deux observations dans lesquelles on à pu surprendre, en quelque sorte, l'embolie parasitaire. Il s'agit dans ces deux cas de kystes alvéolaires, qui, comme on sait, intéressent beaucoup plus souvent que les kystes uniloculaires les vaisseaux du foie. Fait extrêmement intéressant ét qui constitue un sérieux argument en faveur de la spécificité du kyste alvéolaire, dans les deux cas les foyers pulmonaires métastatiques revêtaient la forme alvéolaire.

Ors. LXXV. — CarRiÈRE. — Autopsie : Volumineux kyste alvéolaire du foie occupant le lobe droit et atteignant les deux surfaces, convexe et concave, du foie. La veine cave est complètement englobée dans la tumeur sur une étendue de trois centimètres. Une coupe passant au niveau du point où elle est oblitérée montre un cordon formé d’un tissu d’un blanc mat, parsemé d’alvéoles dont quelques-unes avaient le volume d’une tête d’épingle. Il contenait en outre en son milieu une cavité de 1 centimètre de long sur 2 ou 3 centimètres de large évidemment formée par la réunion de plusieurs alvéoles. De même /a veine sus-hépatique drotte est complètement oblitérée par la masse morbide. i

Poumon : Dans le lobe moyen du poumon droit s2x noyaux d'une nature spéciale dont le volume varie depuis une tête d’épingle jusqu’à une petite noix. Dans le lobe inférieur il y a dix ou douze noyaux analogues moins volumineux, du volume d’une lentille.

Au sommet du poumon gauche, deux noyaux du volume d’une graine de pavot, analogues à ceux trouvés dans les lobes moyen et inférieur du poumon droit. Le reste du lobe supérieur du poumon gauche présente huit à dix de ces noyaux de volume variable. Enfin, un certain nombre de noyaux semblables étaient disséminés dans le lobe inférieur.

Ces petites tumeurs étaient en rapport avec les petites ramifications de l'artère pulmonaire. Carrière a suivi les ramifications arté-

rte

rielles : « J'ai vu manifestement deux ou trois fois, dit-il, les parois d’une de ces petites ramifications paraître se continuer avec le tissu cellulaire, qui environnait la tumeur. » Les tumeurs du poumon

résentaient à l'examen microscopique, la structure typique des

ystes alvéolaires. Enfin, Carrière ayant pratiqué l’examen microscopique de la paroi de la veine cave au niveau de la tumeur, dit avoir trouvé à ce niveau des scolex, « mais ils étaient calcifiés, très troubles et ne laissaient pas distinguer des détails de leur structure. »

L'auteur, après avoir rappelé les rapports qu'affectaient les kystes du poumon avec les ramifications de l'artère pulmonaire, dit : (« Nous croyons volontiers que quelques embryons d’échinocoques se sont détachés de la masse morbide qui oblitérait la veine cave, ont été entraînés par le torrent de la circulation dans les artères pulmonaires jusque dans leurs-plus fines divisions : et que là ils ont pu s'arrêter, oblitérer même les ramuscules, amener la formation d'un caïillot, v produire un processus inflammatoire et y suivre leur développement ultérieur. — Ce mode d'immigration explique la dissémination des petites tumeurs dans presque tout le poumon, leur siège surtout à ses parties périphériques et enfin leur pétit volume. »

Nous rapprocherons de l'observation si intéressante et si démonstrative de Carrière, celle de Scheuthauer, qui lui est absolument superposable. Malheureusement, dans cette observation, on netrouve pas spécifiés les rapports que la tumeur affectait pourtant sans aucun doute, étant donné son siège, avec la veine cave et avec les veines sus-hépatiques.

O8s. LXXVI. — ScHeurnauEr. — Kyste alvéolaire du lobe droit du foie ayant envahi le lobe de Spigel.

Poumons : «Ils portaient, dans la périphérie, des tumeurs depuis le volume d’une noisette, jusqu’à celui d’une noix environ. Ces tumeurs renfermaient de la gélatine jaune grisâtre dans les espaces arrondis, du volume d’un grain de millet, d’un réseau de tissu conjonctif à fibres solides; ces espaces étaient nombreux et serrés les uns contre les autres. »

L'examen microscopique permit de retrouver au niveau des tumeurs du foie et du poumon la structure typique des kystes alvéolaires.

Les embolies échinococciques peuvent-elles venir de plus loin encore ? Le fait n'a à la rigueur rien d’impossible. M. Gangolphe (133) s'était déjà posé la question à propos de

l'observation de Reczey, dans laquelle un kyste uniloculaire du poumon coïncidait avec un kyste «multiloculaire » de l'os iliaque : « Ces deux légions, se demande-t-il, ont-elles entr'elles quelque rapport pathogénique ? La tumeur est-elle due à la greffe d'une vésicule extrêmement petite détachée des aréoles du diploé iliaque ? Entraînée par le courant veineux, cette embolie parasitaire serait-elle allée se fixer dans le poumon, créant ainsi un foyer pathologique secondaire ? » — Nous avons donné précédemment les raisons pour lesquelles nous pensons que ces métastases d'origines périphériques doivent être exceptionnelles : Nous dirons seulement que dans le cas particulier de Reczey, l'aspect sous lequel se présente l’échinococcose pulmonaire, n'offre aucun des caractères qui autorisent l'hypothèse d’une greffe.

Nous étudierons maintenant les autres variétés d'échinococcose secondaire du poumon.

B)— Le processus de l’échinococcose secondaire locale peut se trouver réalisé, on le conçoit, après la rupture d’un kyste du poumon, du foie ou de la rate dans le parenchyme pulmonaire. Cependant, nous n’avons pu en trouver d'exemples bien probants: le plus souvent comme nous l'avons dit, on trouve dans le poumon, à la suite de ces ruptures, une caverne anfractueuse généralement pleine de pus, dans lequel nagent des hydatides plus ou moins altérées. Cela tient à ce que, dans la règle, ne s'ouvrent guère dans le poumon — comme à la peau — que les kystes suppurés. Dès lors, les germes échinococciques sont, pour la plupart, détruits: de son côté, le parenchyme pulmonaire se trouve infecté: il est atteint fatalement d'une hépatisation bâtarde qui ne doit guère favoriser la greffe. Mais il existe pourtant un certain nombre de faits dans lesquels des kystes non suppurés se sont rompus dans le poumon (un kyste de la rate, dans une observation de M. Quénu) : on comprend que dans ce cas, il puisse se faire un ensemencement dans le parenchyme pulmonaire: on trouverait sans doute alors dans le lobe inférieur du poumon des kystes plus ou moins nombreux et accolés (kystes pseudo-alvéolaires). Ce sont des kystes semblables que

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