‹ De l'Échinococcose SecondaireChapitre 40 sur 64 · AO · texte numérisé non relu

AO

Ogs. LXXIX. — Guérin-LEGros. — Autopsie. Rate adhérente à la paroi costale et au diaphragme. Au milieu des adhérences, petit kyste clair, contenant des vésicules filles, indépendant de la rate.Un nu hydatique formé primitivement dans la rate a évolué vers la plèvre gauche. Poumon droit normal. « Le poumon gauche, petit, repoussé vers la colonne vertébrale par la collection pleurale est dur, tendu, résistant et à l’incision on le trouve véritablement arc: de kystes hydatiques non suppurés, contenant du liquide clair eau de roche et des hydatives. Le sommet en est pourtant a peu près exempt. À l'incision de la parot thoracique du côté gauche, on a rencontré également quelques petits kystes perdus dans la paroi ». Pas de kystes ailleurs.

Ces kystes de la plèvre sont bien certainement secondaires au kyste primitif de la rate rompu. Quant au petit kyste juxtasplénique signalé au début de l'observation, ilconstitue un nouvel exemple d’échinococcose secondaire locale.

Plus discutable est l'observation suivante :

OBs. LXXX. — KüsrTer. — Une malade âgée actuellement de 34 ans, fut opérée le 19 juillet 1886, dans l’Augusta Hopital, pour un kyste de la rate. L'opération avait été précédée d'une ponction exploratrice qui fut suivie d'accidents assez sérieux et d’urticaire.

Il resta après l’opération une fistule qui ne tarda du reste pas à se fermer.

Or, la malade revint le 29 juin 1880. Elle présentait une voussure fluctante dans la moitié gauche du thorax, étendue de la 2€ à la 6€ côte : au dessous, la sonorité était normale. Une ponction exploratrice faite au niveau de la tumeur fut suivie cette fois encore d’une éruption d'urticaire. Le 2 juillet, après avoir pratiqué la résection de la 2° côte, on incisa la plèvre ; il sortit de la poche du liquide contenant de nombreux scolex, mais pas vésicules filles : la cavité kystique était grosse comme le poing. L'opération fut suivie d’un épanchement pleural qui nécessita une nouvelle intervention, à la suite de laquelle la guérison survint.

S'agit-il bien 1c1 d'un kyste de la plèvre, et peut-il être considéré comme secondaire à la ponction ou à l'opération du kyste de la rate, faites 3 ans auparavant ?

Cette question fut précisément discutée à la Société de chirurgie de Berlin (r41) (à l’occasion de la communication de Krause). Küster estimait que son cas était un nouvel exemple de dissémination de germes échinococciques dans une séreuse par la ponction. Volkmann admit la possibilité de cette interprétation. Au contraire Bergmann et Bardeieben,

Oo —

sans nier la possibilité de la greffe échinococcique en géncral, contestèrent cette interprétation dans le cas particulier de Küster : ils se basaient, le premier, sur l'existence d’un seul kyste, alors que dans les cas de dissémination, les kystes sont multiples, le second, sur le siège du kyste au sommet de la cavité pleurale.

Nous avons trouvé dans les bulletins de la Société Anatomique une observation, malheureusement peu détaillée, qui est peutêtre un exemple de kyste de la plèvre secondaire à un kyste du rein ?

O8s. LXXXI.— pe Gorsse-Morer. — On trouva l’autopsie un kyste hydatique non suppuré de la plèvre droite, contenant une douzaine d’hydatides. II existait en outre un kyste suppuré de la partie supérieure du rein droit, communiquant à travers le diaphragme et la base du poumon atélectasié, avec la bronche inférieure droite.

Nous donnerons pour terminer une observation tirée de la pathologie comparée : elle est intitulée « Echinocoques dans les poumons et la plèvre d'un cheval. »

Ogs. LiÉNaux (142), — Ces échinocoques furent trouvés à la dissection d’un vieux cheval ; le parasite était confiné dans la poitrine. La plèvre est envahie sur une grande étendue. Le feuillet qui tapisse la paroi costale du côté droit a disparu comme membrane, il est remplacé par un vaste gâteau qui s'étend de la première côte à la dernière. Les mêmes lésions existent sur la plèvre costale gauche, mais elles sont moins étendues ; elles siègent à l'endroit du cœur et en avant de celui-ci. La plèvre diaphragmatique est également altérée. Le diaphragme se trouve refoulé en arrière sur toute sa périphérie, ar une tumeur bossuée qui occupe le sinus costodiaphragmatique. Î est difficile d'étudier la plèvre viscérale, le poumon étant soudé sur de grandes étendues aux parois. Cependant la face postérieure de ce viscère est lisse; sa face interne est envahie par de nombreuses hy datides longuement pédiculées. Le tissu propre du poumon droit contient lui-même des hydatides ; celles-ci occupent surtout le voisinage du bord supérieur.

Enfin il existe au-dessus de l’hypochondre droit une tuméfaction sous-cutanée fluctuante par places; elle est constituée également par des hydatides qui communiquent avec celles de la poitrine au niveau d’un espace intercostal. |

Le péricarde est sain; il est englobé dans les masses hydatiques, mais s’en détache facilement ; cœur normal.

Les kystes avaient des dimensions oscillant entre un pois et une tête d'enfant; ils étaient stériles; du moins, ne put-on y trouver aucune tête.

S'agitil dans ce cas de la rupture dans la plèvre d'un kyste du poumon, ou faut-il incriminer le kyste sous-cutané qu'on a vu perforer un espace intercostal et se continuer avec les kystes de la poitrine ? En tous cas, il semble bien qu'il s'agisse de kystes secondaires : la disposition pédiculée des kystes du poumon à elle seule permettrait presque de l’affirmer.

À propos de cette observation nous ferons remarquer que l'échinococcose secondaire semble’ relativement rare chez les animaux. Grâce à la très aimable obligeance de M. le prof. Raïlliet directeur de l’École d’Alfort, nous avons pu parcourir les différents traités et bulletins de médecine vétérinaire, dans lesquels nous espérions rencontrer des faits comparables à ceux de la pathologie humaine. Or c'est à peine si nous avons trouvé quelques observations relevant peut-être, et d’une façon encore très discutable, de l’'échinococcose secondaire. Le fait tient sans doute en grande partie à ce que les kystes échinococciques n'atteignent généralement pas un très gros volume chez les animaux domestiques ou les animaux de boucherie : ces derniers en particulier sont pour la plupart sacrifiés au bout de quelques années. C’est toujours chez les vieux animaux que nous avons vu signalés les faits susceptibles de s'expliquer par le processus de la greffe échinococcique.

La preuve de la nature secondaire des kystes est d’autre part plus difficile à faire chez les animaux que chez l’homme, car ils possèdent habituellement des kystes multiples et souvent généralisés. Cependant il ne nous paraît pas douteux que l’échinococcose secondaire puisse être également observée en pathologie vétérinaire ; 1l nous semble bien probable en particulier que les kystes multiples des séreuses, observés dans quelques cas chez le singe, le cochon, le chien et le chat, doivent ressortir à cette forme d’échinococcose,

Page 1