PATHOGÉNIE DES KYSTES PÉRIPHÉRIQUES
Les kystes hydatiques périphériques (cerveau, muscles, os, etc.) ne peuvent guère s'expliquer que par l'apport d’un germe échinococcique par la circulation générale. Un embryon hexacanthe, après avoir troué ou évité le filtre hépatique, doit encore, pour arriver dans le cœur gauche, forcer ou tourner, le deuxième obstacle constitué par le poumon. Behr fait observer à ce sujet que, si les capillaires sont ici plus petits que dans le foie, par contre la circulation est très rapide et de plus (soumise à de véritables chasses à-chaque mouvement respiratoire ». En acceptant l'hypothèse de Dougan-Bird,on pourrait admettre que l’embryon, ayant pénétré au niveau de la muqueuse respiratoire, est ainsi amené directement dans la circulation générale par les veines pulmonaires.
Quoi qu'il en soit, une fois parvenus dans le cœur gauche, les embryons peuvent être portés par le sang artériel dans tous les points de l'organisme. C’est ainsi qu'ils seront entraînés, en première ligne, comme les embolies parties du cœur gauche, dans les carotides et finalement dans l’encéphale: ils iront encore dans la rate et le rein, organe dont la circulation artérielle est très active; ils pourront enfin aller dans les os, les muscles, etc. Pour ce qui est des muscles, on admet généralement en France, avec Marguet, que les embryons hexacanthes sont surtout entraînés dans les masses musculaires actives, par suite du fait démontré par Chauveau : qu'un muscle qui travaille, reçoit cinq fois plus de sang que lorsqu'il est au repos.
Mais l'embryon peut s'arrêter dans le cœur, soit qu'il traverse l'endocarde au niveau d'une des nombreuses anfractuosités du cœur gauche, soit qu'il se trouve embolisé dans une des coronaires. Et c’est ainsi que les kystes hydatiques du cœur gauche peuvent devenir la source d'une autre variété d'échinococcose des organes périphériques : l’échinococcose embolique (il en est de même des kystes de la cloison interventriculaire, qui peuvent se rompre dans le cœur gauche).
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Les embolies échinocciques de la grande circulation peuvent partir de l'oreillette gaucheet du veniricule gauche; elle peuvent même provenir de la rupture d’un kyste hydatique dans une grosse artère : on a vu un kyste de la région cervicale ulcérer la sous-clavière (cas de Dixon) (143); il s'agit sans doute également de ce processus dans l'observation de K6hler (144), dans laquelle un kyste hydatique formait une sorte d'anévrysme sur le trajet de l'artère axillaire. Ces embolies spécifiques peuvent êtrelancées dans toutes les directions: c’est ainsi que dans le cas de Bæcker (‘‘‘)}, que nous avons cité, on retrouva une vésicule . hydatique embolisée dans l'artère rénale gauche; dans une observation d'Oesterlen (145) la rupture d’un kyste de l'oreillette gauche fut suivie d’embolies hydatiques dans les artères fémorales profonde et superficielle de la cuisse droite; nous allons voir dans un instant que l'on a pu trouver de même des vésicules embolisées dans les artères cérébrales. — Ces embolies brutales entraînent, on le comprend, des accidents extrêmement graves (hémorrhagies, gangrènes) qui se terminent plus ou moins rapidement par la mort; mais on conçoit bien que, si les germes embolisés étaient moins volumineux, s'il s'agissait uniquement des vésicules proligères et des scolex, les accidents ischémiques déterminés par ces embolies spécifiques, capillaires en quelque sorte, seraient insignifiants et passagers, et que ces germes pourraient être, par la suite, le point de départ de nouveaux kystes (échinococcose secondaire embolique).