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recueillies après la mort du malade: on les a souvent conservées quelque temps dans des liquides non isotoniques, quand ils n'étaient pas toxiques: et le nombre des germes transplantés a toujours été minime. Si la greffe a pu être obtenue avec une facilité relative dans de telles conditions, on peut prévoir qu'elle se produira presque immanquablement chez l'homme à la suite d'une rupture qui sèmera dans le même milieu intérieur plusieurs centaines ou plusieurs milliers de vésicules filles.
Les expériences montrent par contre qu’on n'obtient le développement de kystes secondaires aux dépens des v. proligères et des scolex qu'avec une certaine difficulté : il faut en effet des ensemencements très abondants. C'est qu'il s’agit là d'éléments infiniment moins vivaces et moins résistants sans doute que les vésicules filles ; leur structure relativement fragile les défend mal contre la phagocytose. Aussi ces germes meurent-ils en grand nombre et se trouvent-ils détruits avant d’avoir pu commencer ieur évolution kystique. Nous avons pu suivre maintes fois chez le lapin les différentes phases de cette destruction, dans les petits nodules que nous avons signalés sous le nom de pseudoluberculose échinococcique.
Or cette lésion de défense de l'organisme contre les germes échinococciques a été également observée chez l'homme. Déjà de 1876, Rohde (169) avait signalé dans une observation, de petits nodules particuliers qui existaient à la surface du péritoine : « Le péritoine épaissi et vascularisé était, dit-il, en grande partie couvert de très petites granulations qu'on ne voyait bien qu'à la lumière oblique : au doigt elles donnaient Ja sensation de grains rugueux. L'examen microscopique montra qu'elles étaient formées de scolex entourés de substance calcaire. Après addition d'acides légers la forme des scolex apparaissait et on pouvait même observer distinctement quelques couronnes de crochets. »
Une lésion analogue fut retrouvée de nouveau chez l'homme par de Quervain (170) et par Riemann (58), qui l'ont étudiée avec soin (Æremdkôrper-Tuberculose durch Aussaat von Partikeln des Echinococcus). Riemann en rapporte deux cas très intéressants dans son mémoire. Il trouva à l’autopsie d'un malade, présentant d'autre part un kyste du foie manifestement
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rompu dans le péritoine, de petits nodules blanchâtres disséminés à la surface de l'épiploon, du foie, et de l'intestin. L'examen microscopique montra au centre de ces nodules, des débris de membranes échinococciques et des crochets parfaitement reconnaissables. — Dans une deuxième observation où sétaient certainement produites des ruptures itératives d'un kyste du foie, on trouva {à côté des kystes assez volumineux fixés par des adhérénces à l'épiploon et à l'intestin) des nodules grisâtres, gros comme des têtes d'épingles, qui étaient disséminés sur la surface de l'épiploon. L'examen histologique montra également dans les granulations des débris échinococciques et des crochets: dans un nodule on put trouver un scolex parfaitement reconnaissable.
Ces faits semblent démontrer que chez l'homme également les vésicules proligères et les scolex se trouvent détruits en grand nombre dans le péritoine. Il doit du reste y avoir à ce sujet un coefficient de résistance,propre à chaque individu, comme à chaque espèce animale, de même qu'il doit exister un coefficient de vitalité propre aux germes échinococciques ensemencés.
Dans le cas particulier de l'ensemencement des v. proligères, les chances de greffe dépendront donc, au moins en partie, de la quantité de germes ensemencés, c'est-à-dire de l'éfendue et du siège de la rupture. Si la rupture ne siège pas dans le point déclive du kyste, où se ramasse le sable échinococcique, et si l'écoulement du liquide dans le péritoine ne se fait pas d’une façon trop brutale, on peut concevoir qu'un petit nombre de germes seulement se trouveront entraînés dans la séreuse, et dès lors les chances de greffes seront très restreintes. Ces conditions se trouvent généralement réalisées, il faut le dire, dans la ponction des kystes: l'orifice de rupture est ici minime, et habituellement situé à l'équateur où au pôle supérieur du kyste: les v. proligères et les solex, c'est-à-dire les éléments les moins résistants, peuvent seuls traverser l'orifice étroit laissé par l'aiguille, et encore doivent-ils être probablement peu nombreux lorsque le malade reste quelque temps immobile après la ponction : telles sont sans doute les raisons qui expliquent la rareté relative de l'inoculation péritonéale après cette intervention. Nous