‹ De l'Échinococcose SecondaireChapitre 57 sur 64 · I) TRAITEMENT CURATIF · texte numérisé non relu

I) TRAITEMENT CURATIF

Nous supposerons maintenant l'échinococcose secondaire développée, arrivée à sa période d'état. Quel /raitement curatif pourrait-on appliquer à une pareille affection ?

Ici, nous serons très bref, car il s’agit surtout d’ Miedtione CE de procédés opératoires, de questions dont la discussion n’a encore été qu'à peine ébauchée, et que nous nous garderons bien de trancher. La conduite à tenir sera, du reste, essentiellement variable, suivant les cas, suivant, par exemple, le siège, la prédominance, le nombre, le volume des kystes, suivant l'état général du malade, etc. Il semble que, d’une façon générale, on doive aller aux tumeurs les plus gênantes et aux plus volumineuses.

Dans la forme d'échinococcose localisée au bassin, dans les cas de «kystes cliniquement solitaires » de cette région, — toutes questions de commodité d'intervention, de manuel opératoire, de facilité de drainage, etc., mises de côté, — il semble que la laparotomie soit la conduite opératoire la plus rationnelle n#eéet, du-reste,:celle qu'a; l'un-des. premiers, proposée M. Tuffier, et celles qu’adoptent de plus en plus les chirurgiens.

Dans la forme généralisée, on pourra, ainsi que cela a été fait maintes fois, pratiquer la résection du grand épiploon bourré de kystes. Mais on ‘n’oubliera pas que ce sont en général les moins dangereux ;’on ne manquera pas d'explorer attentivement le bassin et on le nettoiera avec un soin minutieux de tous les kystes quil pourra contenir. Il ne

faudra peut-être pas s'inquiéter outre mesure des petits kystes qui échapperont fatalement à l'intervention : il se pourrait fort bien qu'un grand nombre d'entre eux finissent par guérir spontanément, suivant le processus d’involution que nous avons signalé. En tous cas des interventions multiples, faites à dates plus ou moins rapprochées, seront préférables à l'opération laborieuse qui s'acharnéra durant plusieurs heures à poursuivre les kystes dans les multiples plis du péritoine. — C'est la conduite qu'adopta dans un cas semblable un chirurgien australien, Moore {182}, qui put guérir complètement son malade en quatre interventions: Dans la rre (4 février), il lui enleva 18 kystes de l'abdomen ; dans une 2° série {24 mars), il lui en enleva 10 du bassin; dans une 3° (17 avril), il lui retira encore du bassin 14 kystes ; dans la 4° laparatomie, enfin (4 mai), il enleva 4 volumineux kystes hépatiques et sous-hépatiques ; lors de la dernière intervention, ( un examen attentif de l'abdomen permit de constater qu'il n'y avait plus aucun autre kyste dans son intérieur ». ;

Enfin on se rappellera au cours de l'intervention qu'il y a à tous ces kystes un point de départ commun: on recherchera le kyste primitif dans le foie (où il ne sera pas toujours aussi facile à découvrir qu'on pourrait le supposer); plus rarement il siègera dans la rate. On préfèrera sans doute ordinairement le traiter à part, dans une intervention ultérieure, d’autant plus qu'il pourra être suppuré.

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