‹ De l'Échinococcose SecondaireChapitre 6 sur 64 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La rupture des kystes hydatiques dans le péritoine a toujours été considérée comme un accident redoutable. Pendant longtemps on admit que cette complication déterminait pour ainsi dire fatalement la péritonite aiguë : « Ce que j'ai à dire de la rupture des kystes hydatiques du foie dans le péritoine, écrivait en 1856 Cadet de Gassicourt (11), pourrait se résumer en une seule phrase : cette rupture est suivie d'une péritonite suraiguë toujours et promptement mortelle. J'ai hâte de quitter ce sujet qui ne se prête à aucune considération intéressante. »

Quand Finsen (12) eût bien montré, dix ans plus tard, la distinction capitale à établir à ce sujet entre les kystes à contenu «frais» et les kystes à contenu purulent — la rupture de ces derniers déterminant seule la péritonite, — l'attention des cliniciens fut presqu'exclusivement attirée par les accidents toxiques plus ou moins graves qui suivent la rupture, spontanée ou opératoire des kystes à contenu limpide ; et l’on pourrait dire que depuis cette époque les médecins furent distraits par la curieuse urticaire.

Ce n’est qu’à une date relativement très récente, que l'on s'avisa de penser que des germes vivants, répandus dans le péritoine en même temps que le liquide, pourraient bien continuer de vivre dans cette séreuse et, se greffant sur ses parois, donner naissance à d’autres kystes de la cavité abdominale.

Lorsqu'on réfléchit à la fréquence de la maladie hydatique, à la quantité de travaux qu'elle a suscités depuis un siècle, on s'étonne que cette notion ait tant tardé à voir le jour. D'où vient donc qu'un accident aussi particulier que la greffe échinococcique ait échappé si longtemps à l'attention des cliniciens et qu'on ait même pu, jusqu'en ces dernières années, en nier la possibilité ?

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