‹ De l'Échinococcose SecondaireChapitre 7 sur 64 · LL · texte numérisé non relu

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, Quand on recherche les raisons qui ont pu obscurcir aux yeux des observateurs sagaces qu'étaient les médecins de la génération passée, la pathogénie pourtant si naturelle et si limpide des kystes multiples du péritoine, on trouve trois grandes idées classiques, enseignées par les maîtres, acceptées sans contrôle par les élèves.

C'est avant tout, l’idée qui a régné, ainsi que nous l'avons rappelé, jusqu'au travail de Finsen (1867) — et qui lui survécut même, tant elle était ancrée dans les esprits, jusque vers l’année 1880 — au sujet de la rupture des kystes hydatiques dans les séreuses, et plus particulièrement au sujet de la rupture des kystes du foie dans le péritoine. Tant que l’on crut que cet accident déterminait pour ainsi dire fatalement la périfonite, on ne pensa pas, on ne pouvait penser, à rapporter l'existence des centaines de petits kystes qu'on trouvait dans le cavité abdominopelviènne à une rupture antérieure d’un kyste primitif, du foie par exemple.

La seconde cause, celle qui a peut-être le plus contribué à égarer médecins et chirurgiens sur la pathogénie de ces kystes, est une notion anatomique très simple et d’une interprétation en apparence évidente. C'est ce fait signalé par Charcot, par Davaine, que les hystes hydatiques du péritoine siègent sous la séreuse. « Il est donc bien démontré, déduisait Charcot, que ces kystes prennent naissance dans le tissu cellulaire sous-péritonéal. » Les auteurs, après avoir vérifié l'exactitude de ce siège, s’attachèrent alors à préciser le point de départ des kystes et la voie d'apport du germe qui leur avait donné naissance : les uns admirent que l'embryon hexacanthe arrivait en ce point précis — constant chez tous les individus et constant pour tous les kystes chez le même individu : le tissu cellulaire souspéritonéal — par la voie sanguine (artérielle, veineuse) ; d'autres, par la voie lymphatique; d’autres, enfin, par cheminement direct de l'embryon dans le tissu cellulaire : tous étaient du moins d'accord pour admettre une voie d'apport extrapéritonéale. Comment auraient-ils pu admettre que des germes, tombés dans la cavité péritonéale, se trouvant donc en rapport avec la face interne du péritoine, pussent être retrouvés se développant à la face externe de cette séreuse ?

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La troisième raison enfin, réside dans la doctrine zoologique . édifiée par van Beneden, Leuckart et Davaine, et qui fut admise longtemps sans contestation : Tout kyste hydatique provient d’un embryon hexacanthe : il constitue la deuxième phase du cycle évolutif absolument invariable du Tœnia Echinococcus; une fois qu'il a pénétré dans l'organisme, le parasite est « engagé dans une impasse », il est destiné à « mourir vierge » (van Beneden) -- Naunyn, en 1862, avait bien décrit un mode de développement moins fatal : il avait admis que les petites têtes de tœnia pouvaient se transformer elles-mêmes en kystes hydatiques. Mais cette opinion, que Davaine considérait comme « véritablement antiphysiologique » ne fut prise en considération que beaucoup plus tard, lorsqu'elle fut acceptée par Leuckart lui-même dans ia deuxième édition de son livre.

Que fallait-il pour ruiner les trois arguments classiques ? — Trois expériences,

A) L'injechion du liquide hydatique limpide dans le péritoine d’un animal ne provoque pas de périlonite (Kirmisson).

B) Un corps étranger, un germe échinococcique, déposé dans le péritoine, est rapidement entouré de tissu cellulaire de nouvelle formalion el recouvert par l'endothélium de la séreuse ([Marschand, Bobroff et von Alexinsky).

C) Des vésicules proligères et des scolex inoculés au lapin donnent naissance à des kystes hydaliques (von Alexinsky).

N'est-ce pas le lieu de rappeler ces lignes de Claude Bernard : « La méthode expérimentale est la méthode scientifique qui proclame la libérté de l'esprit et de la pensée. Elle secoue non seulement le joug philosophique et théologique, mais elle n'admet pas non plus d'autorité scientifique personnelle... Cette non soumission à l'autorité, que la méthode expérimentale consacre comme un précepte fondamental, n’est nullement en désaccord avec le respect et l'admiration que nous vouons aux grands hommes qui nous ont précédés et auxquels nous devons les découvertes qui sont les bases des sciences actuelles. » ({ntroduclion à l'étude de la médecine expérimentale).

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