‹ De l'école a la cité, études sur l'éducation populaireChapitre 17 sur 73 · PROGRÈS FEMININ · texte numérisé non relu

PROGRÈS FEMININ

par voie de réforme officielle, de programmes rénovés hardiment.

Mais, dans la maison paternelle, vite elles se Façonneront, ces quasi-intellectuelles , aux habitudes de travail domestique, de ponctuelle régularité, d'économie réglée, qu'exige la tenue du ménage.

On me dit : « Mais n'estimez-vous pas qu'elles seront trop « demoiselles », qu'elles auront été apprises à des tendances et aspirations trop élevées pour descendre aux vulgarités du train-train de la vie familiale pratique ? »

.Mais non! La preuve est faite aujourd'hui par de nombreux exemples.

On ne les a pas éloignées, ces jeunes filles, en les soumettant à une forte discipline de l'esprit, des réalités ambiantes. On a fait la part de la couture, de la coupe, de l'assemblage, et aussi de l'apprentissage culinaire — au moins théorique, trop théorique encore, j'en conviens — dans le classique « emploi du temps ». On les a constamment entretenues dans la pensée qu'elles auront un jour à mener une existence qui n'aura rien d'artificiel, qu'elles seront épouses et mères.

Au vrai, dans ces Cours, dans ces Ecoles où, de plus en plus, afflue l'élite populaire, se forment des générations féminines qui, dans la Cité, demain, comme dans la famille, s'apprêtent à jouer un rôle intelligemment utile.

Un progrès s'accuse et se fortifie au jour le jour

dont la nation, comme la cellule familiale, tirera profit.

La discordance disparaîtra qui existait entre la pensée de l'homme et la raison de la femme — qui pourront se fondre enfin en harmonie. La connaissance de la société sera la môme pour les éternels associés qui, ensemble, ont à faire le chemin de la vie et qui, si longtemps, n'en ont pas parcouru la route armés d'un même viatique, soutenus d'une même inspiration.

Rêves que tout cela, utopies ? Non pas ! Certitude qui de plus en plus devient évidente et tangible. Persévérons dans le labeur. Soyons, comme disait l'autre, « veuillants » et fermes.

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