COMMENT FORGER DES APPBBNTIS
tout le personne!; et augrand étonnement patronal, • laiis la plupart dos professions, celte journée de dix heures, d'abord si honnie, n'occasionna aucune perte sur le régime précédent, parfois même il y eut plusde travail produit pour la même dépense.» Donc, on revient aux apprentis, qui reviennent a l'atelier où leur présence, d'abord honnie., est bénie par les ouvriers et a cette conséquence heureuse et inattendue de ramener la journée ouvrière ,i des proportions normales
Mais les apprentis, les 600.000 nouveaux venus que i bien de reprendre, comment les for-
mera-t-on?c C'est en forgeant qu'on devient forgeron », dit un vieux proverbe. J'ajouterais volontiers : et en étant forgé.
Comment former cette formidable promotion de plus d'un demi-million de jeunes gens dont le flot montant bat, chaque année, la porte des ateliers?
Et d'abord, comment les forme-ton à l'heure actuelle?
Il ne s'agit pas de l'élite privilégiée qui a le temps
et les moyens, grâce à des bourses ou bien aux
sacrifices familiers, d'aller dans des écoles spéciales
où elle reçoit une instruction suffisamment pro-
mnelleet technique
Les 20.000 à 25.000 élèves qui suivent des cours pratiques et théoriques, préparant de façon très
Ed. Pktit. g
coûteuse à certains métiers, doivent être mis àpart.
La question de l'apprentissage n'est pas la question — qui est tout autre — dite des Écoles pratiques et des Écoles primaires supérieures, cause de l'émulation, pour ne pas dire du conflit, qui a surgi entre deux ministères : Commerce et Instruction publique.
La réduire à ces proportions, c'est diminuer son ampleur, sa véritable portée sociale. Les quelques milliers de jeunes gens qui ont le bonheur, dans les sections professionnelles d'écoles spéciales, d'être orientés dans le sens de leurs précises vocations seront, après un stage, des contremaîtres, des manières de sous-ingénieurs qui vite dépasseront apprentis et ouvriers.
C'est la masse des jeunes travailleurs qui est en cause, elle qui est ou délaissée ou mal dirigée, dont il faut, en hâte, s'occuper d'une manière rationnelle, pour lui venir en aide utilement, pour la mettre à même de fournir son maximum de rendement, pour son bien et pour le bien de la collectivité.
Or, comment, à l'heure actuelle, dans la disparition de l'atelier familial, du petit atelier où l'apprenti, dans un milieu d'affection, était initié aux plus minutieux secrets du métier, comment instruit-on cet ignorant malgré lui, perdu dans la foule, ne sachant où se prendre? Quelles leçons reçoit-il, quels conseils, quels encouragements ? Où est la lumière ? Où est l'appui ?