LA MAISON DE? ÉTUDIANTS POPULAIRES
pupitres il enfants, dans d'humbles salles d'écoles primaires pauvrement éclairées. Mais dans la médiocrité du cadre, la beauté de la scène resplendit néanmoins. Ils donnent, dans la veillée réparatrice, L'émouvante impression de forces en belle santé morale, d'énergies en acte élaborant l'avenir. Ils ont. ces auditeurs de rencontre, ces recrues de hasard, le respect du maître improvisé dont ils recueillent la parole avec une respectueuse gravité.
N'auraient-ils pas droit, ces oubliés, ces méconnus, si méritants, à leur Maison ?
Non qu'ils en puissent jouir aux jours de semaine. Ils sont pris par le métier, par le gagne-pain.
Mais aux heures de congé, mais le dimanche, que n'ont-ils à leur disposition une Maison de l'adolescence, une Maison des étudiants populaires ?
Elle comprendrait, briques et fer formant l'ossature du vaisseau : vaste hall vitré pour servir d'abri en cas de pluie, salle de concert ou de spectacle, gymnase, bibliothèque avec salles de lecture, salles de jeux et de récréation.
Elle serait entourée d'une « place », d'un terrain pour les exercices physiques, d'une piste de course, de marche, de stand pour le tir.
Elle servirait, avec ses annexes du dehors, — comme l'installation du Racing-Club, — mais en grand, mais gratuitement, à l'éducation sportive, athlétique, et aussi à la préparation militaire de l'adolescence populaire, ajoutant l'apprentissage physique à l'apprentissage professionnel.
On pourrait l'établir sur les « espaces de plein air » qu'on réclame, avec tant de raison, pour remplacer les fortifications, et pour donner force et jeu aux « poumons de Paris ».
Elle serait sise près du bois de Boulogne.
Et elle aurait, près du bois de Yincennes, un pendant, exactement semblable, pour les arrondissements placés aux antipodes de Passy et d'Auteuil.
Par roulement, Associations, Patronages, Sociétés scolaires, en disposeraient, les jeudis, les dimanches, et pendant toute la durée des vacances.
Les Maisons des Etudiants populaires contribueraient au dévoloppement rationnel et nécessaire de l'entraînement musculaire, à l'organisation des Fêtes de plein air, etc.
Elles seraient, pour toute une jeunesse enfermée en des ateliers, en des boutiques, en des logis, où elle respire mal, Ecoles de santé, d'endurance, et aussi, par la pratique du groupement solidaire, de discipline librement consentie.
Et, dans le cœur de la jeunesse populaire, se graverait ce sentiment, quelque peu voilé par la réalité des faits, que la justice et légalité ne sont pas, dans une démocratie, de vains mots inscrits au fronton des édilices.