ES DÎTERNATION-U DB L EDUCATION POPULAIRE
heures prises sur leur repos, avec une rémunération nulle ou dérisoire, ma - par une suite de cours
iliers donnant lieu à des traitements réguliers, indépendamment du concours bénévole des Socié-
d'éducatiou populaire et de toutes les institutions de solidarité démocratique. »
C'est évidemment pour l'éducation populaire l'œuvre de demain. C'est la tâche qu'elle mettra vingt ans à accomplir niais qu'elle doit aborder. M. Ferdinand Buisson, à l'appui de sa thèse, a cité l'exemple de l'Allemagne, de la Scandinavie, de la Suisse, des États-Unis.
Mais d ici à la réalisation du vaste plan théorique, force sera bien, en régime de transition, de ne pas détruire ce qui existe. La Maison, le Palais plutôt,
construire. Le terrain est prêt. Mais les devis ne sont pas encore adoptés. Les dix millions que son édification exigera, chaque année, ne sont pas trouvés. Ets'il faut faire effort pourobtenir consentement des patrons, présence des adolescents aux cours du jour, vote des fonds par l'État et les municipalités, il ne faut pas renoncer à l'abri provisoire mais nécessaire qu'offre l'organisation actuelle, précaire, improvisée sans doute, mais qui a le mérite d'exister autrement qu'en expectative.
Le Congrès international qui souleva tant d'idées nouvelles eut, comme intermède, sous le nom de
28e Congrès national de la Ligue française de l'Enseignement, une manière d'assemblée générale annuelle qui occupa une demi-séance quelque peu agitée, car les événements du dehors, les attaques dont l'école est l'objet à l'heure actuelle eurent leur répercussion sur les débats.
M. Léon Robelin, secrétaire général de la Ligue, à qui est dû le succès du Congrès international dont il a réglé les moindres détails avec un rare talent d'organisation, montre dans un compte rendu matériel et moral les progrès réalisés par la Fédération fondée par Jean Macé, qui groupe 3.900 sociétés. 11 résume la campagne faite, pendant l'hiver 4907- 4908, pour répandre l'idée de l'Egalité des enfants devant l'instruction. Il signale avec éloquence les dangers que les Associations de pères de famille se constituant de toutes parts font courir à l'École d'État et aux instituteurs.
M. A. Dessoye, président de la Ligue, dans un discours plein de verve et d'énergie, parle des mesures de défense qui s'imposent pour les amis de l'école. Il expose l'économie des deux projets de loi qui sont déposés à la Chambre par le gouvernement pour la protection de l'école et des instituteurs. Il propose à l'assemblée de voler un ordre du jour ainsi conçu :
« Le 28e Congrès de la Ligue française de l'Enseignement, considérant :
« Que la campagne entreprise depuis quelque temps par le parti clérical contre l'école laïque et
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le personnel de l'enseignemenl primaire procède du mémo esprit qui a inspiré l opposition de ce parti aux lois sur l'obligation, la gratuité et la laïcité de l'enseignement ;
« Qu'en invoquant la liberté du père de famille, c'est la vieille confusion entre les droits et les devoirs des pères que l'on veut faire renaître, comme si les droits du père n'avaient pas, pour seule raison d'être, les devoirs qui lui incombent, et comme si ces devoirs n'avaient pas leur source dans les droits mêmes de l'enfant, qu'il appartient à la puissance sociale de faire respecter ;
« Qu'en se réclamant de la neutralité scolaire, le parti clérical dénature étrangement la pensée du législateur de 1882, et que d'une pensée de large tolérance et de respect pour toutes les convictions sincères, il voudrait faire naître l'occasion nouvelle d'une soumission absolue de l'école aux prescriptions de l'Église, et d'une inclinaison pure et simple devant le dogme des droits de la vérité, de la science et de la raison.
« Que c'est en réalité la revanche qui se poursuit, à trente ans de distance, contre le vote des lois scolaires de 1881-82 ;
« Approuve et félicite le gouvernement du dépôt, sur le bureau de la Chambre des députés, de deux projets de loi relatifs à l'enseignement, et émet le vœu qu'ils soient le plus tôt possible discutés cl adoptés par le Parlement. »
M. A. Dessoye propos*' que la motion soit votée
d'enthousiasme, par acclamation. M. Thalamas, membre du Conseil général de la Ligue, demande que l'instituteur ne soit pas soustrait au droit commun et passe devant la juridiction ordinaire pours'y défendre en cas d'accusation.
La thèse de M. A. Dcssoyc l'emporte.
La séance de clôture, qui eut lieu le dimanche matin, 4 octobre, fut présidée par M. Doumergue, ministre de l'Instruction publique.
M. A. Dessoye, président de la Ligue, fit ressortir l'importance des quatre grandes journées pédagogiques qui venaient de s'achever. Il adressa un adieu aux hôtes de l'étranger. Il traita aussi de la « Neutralité ».
« Neutralité », dit-il, n'est pas « abdication ». La République n'est pas et ne veut pas être agressive. Ses écoles ne prennent point parti pour ou contre telle ou telle religion. Elle tient son rôle pour plus haut et accomplit sa mission, qui est de préparer des citoyens par l'enseignement de la vérité, dans la paix de la conscience et la sérénité delà raison, tout aux œuvres de paix et d'harmonie, laissant à d'autres, dont c'est trop souvent le lot, le dogmatisme oppresseur et l'excommunication.
« Voilà, n'est-ce pas, conclut-il, l'école laïque de la République. Sons cl nous, monsieur le Ministre, la défendrons contre ses adversaires. L'œuvre sco-