DE MILAN... A PARIS
La Ligue française de l'Enseignement remplit, aujourd'hui, dans la Sorbonne en fêle, la double tâche qu'elle s'est assignée.
Elle tient son 28e Congrès national qui sera concentré en une séance, où, au nom des 3.900 Sociétés qu'elle unit en solide faisceau, par sa nette et ferme attitude la Fédération deJean Macé saura faire front aux difficultés qui, à l'heure actuelle, dans ce pays, se dressent en face de l'école.
En outre, et c'est là l'important, « le noble de l'ouvrage », la Ligue française de l'Enseignement tient un Congrès international de l'Education populaire qui remplira quatre laborieuses journées, mais dont les délibérations doivent être fermées aux bruits et aux agitations du dehors, doivent se dérouler, entre amis de l'Ecole venus des contrées les plus lointaines, dans le calme et dans la sérénité qui conviennent à la science de l'éducation.
1 . Discours prononcé, à la Sorbonne, à la séance d'ouverture - ii<rès international de l'Education populaire
le l" octobre 1908.
Le Congrès international a une mission civilisatrice à remplir, un rôle de concorde et d'harmonie à jouer, et il doit se dérober à toutes les influences d'heure et de milieu.
Comment la pensée de convoquer un Congrès international est-elle née? Pourquoi la réunion a-t-elle lieu à Paris ?
Les 15, 16 et 17 septembre 1906, àMilan, à l'occasion de l'Exposition universelle, YUmanitaria, Société d'initiative privée, promotrice d'CEuvres sociales qui sont l'honneur de la grande cité lombarde, ouvrait le premier Congrès international d'Éducation populaire. Cinq cents délégués y assistaient et, sous l'active et distinguée présidence du député Luigi Credaro, participèrent à des discussions où retentit la parole éloquente de sociologues comme Luigi Friso, Cabrini, Turati, Saldini, Majno, Rugarli, comme le sénateur belge Lafontaine, comme le professeur Baumgarntner, délégué de New- York, comme le professeur Hartmann, délégué du Volksheim de Vienne, et comme Ferdinand Buisson. Le Congrès avait été préparé avec un rare esprit de méthode par un instituteur passionné pour le bien public, M. Angelo Merlini, dont je salue la présence parmi nous.
Dans la séance de clôture, le 17 septembre, que présidait M. Orlando, ancien ministre de l'Instruction publique, et où, d'une acclamation unanime, on accueillit le noble langage de ce grand Français: Frédéric Passy, l'Assemblée décida qu'il fallait