LE CONGRÈS NATIONAL DBS PETITES
il va gagna sa vie et parfois, avant même d'être un homme, porter les soucis et les responsabilités d'un homme. Quelques caractères s'y tremperont. Mais combien d'autres, ballottés parla destinée, n'arriveront pas. faute d'une éducation suffisamment prolong onstituercet équilibre, cette discipline
intérieure, qui sont les fondements nécessaires de toute vie indépendante! Combien, fatigués par la monotonie du travail journalier, oublieront même ce qu'ils ont appris ! Qui n'a constaté, sur des sujets rares heureusement, combien mélancoliques sont l( - i nines d'une instruction qui s'effrite, s'écroule H va prochainement disparaître? Nous résigneronsnous à laisser perdre, dans bien des cas, des efforts qui furent sincères et à un certain moment fructueux .'
« Les grands fondateurs de l'Ecole laïque n'avaient pas ignoré le péril. Mais il faut avouer qu'en face du problème. 1 État se trouve moins bien armé que par ailleurs. S'il a pu — au prix de quelles difficultés ! — assurer la fréquentation scolaire de l'enfance, il n'a pas la même prise suri adolescent. Le concours de l'initiative privée devient donc ici absolument nécessaire. »
M. André Siegfried montre de quel « enveloppement » savant et systématique les élèves et anciens élèves des écoles publiques sont l'objet et il ajoute :
« En présence de cette entreprise, les amis véritables de l'école laïque ne pouvaient demeurer inactifs. Puisqu'on cherche trop souvent à détourner
l'enfant de son maître d'hier, de ses anciens camarades, pour l'attirer dans une atmosphère nouvelle où son caractère, ses tendances, son esprit risquent d'être transformés pour toute la vie peut-être, attachons-nous à maintenir l'ancien élève de nos classes, dans l'entourage, dans l'atmosphère même où il reçut les premières bases de son instruction. Que ce ne soit pas une nouvelle instruction qui commence, mais plutôt l'ancienne éducation qui continue. Que par des transitions insensibles le maître devienne un ami, que les camarades de l'enfance deviennent les associés d'une œuvre commune, qui est le perfectionnement individuel et collectif de toute une génération républicaine !
« Voilà certes un noble programme. Qui pourra mieux le réaliser que nos Petites A? Elles sont près de 8.000, et demain elles grouperont un million d'adhérents. La souplesse de leur organisation leur permet de s'attaquer victorieusement aux tâches les plus diverses, et je ne veux d'autre preuve de leur vitalité que l'extraordinaire empressement qu'elles ont mis à nous envoyer des délégués. »
Ce qu'est la petite A, ce qu'elle doit être, M. André Siegfried la détermine d'après le rapport de M. Vittecoq :
« L'adolescent, écolier d'hier, ne doit à aucun prix être laissé seul ; il faut qu'il soit encadré.
« Encadrer l'adolescence ! » L'effort est, en effet, d'ordre collectif. Le maître, assurément, ne se désintéressera pas de son élève d'hier; mais, à lui