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seul, il ne pourra exercer l'influence postscolaire, comme il exerçait seul — et très efficacement — l'influence scolaire. Les parents, qui peuvent beaucoup, ne peuvent pas tout, et il arrive qu'ils soient négligents ou incompétents. 11 faut donc que lice milieu » de l'École se survive à lui-même pour Tentant qui vient d'en sortir. Il faut que de temps en temps l'ancien élève retrouve pour quelques heures l'atmosphère de la classe, les camarades de la veille, le maître d'hier, devenu le conseiller d'aujourd'hui et qui sera l'ami de demain. Ce « milieu » à la fois connu et nouveau, ce sera la Petite Amicale. Tous nos correspondants nous l'affirment : elle est nécessaire au développement de l'adolescence et non moins à la saine évolution de notre Démocratie. 11 y a, dès aujourd'hui, 8.000 Petites A. Souhaitons que bientôt chaque commune ait la sienne ! »
Mais que fera-t-on dans l'Amicale, où instituteurs et élèves de la veille, se retrouvent ? Voici le plan qui se dégage, d'après M. Siegfried, de la majorité des travaux et documents :
Enseignement. — Divertissements et sports. — Pratique éducatrice de la prévoyance et de la solidarité, voilà, nous semblc-t-il avec des variantes infinies dans le détail, les trois principales formes d'action qui doivent caractériser une Petite Amicale bien constituée.
L'enseignement postscolaire est, dans les Petites A, un élément essentiel. Toutes les sociétés Lui donnent une grande place, et fréquemment la pre-
mière place. Qu'il s'agisse d'instruction littéraire ou scientifique, d'enseignement professionnel ou ménager, il ne faut pas oublier, en somme, que l'éducation intellectuelle et morale de l'adolescent est la raison même qui a provoqué l'éclosion de nos groupements d'anciens élèves. Nous voyons bien, autour de nous, des œuvres, imbues d'une inspiration différente, préférer à l'instruction le recrutement. Les imiter serait à notre avis trahir l'esprit qui doit rester le nôtre et mériter le cruel reproche du poète : Et propter vitam, vitae perdere causas!
Cependant, l'Amicale n'est pas l'École et il se dégage des consultations que nous avons entre les mains un avis très net, c'est que la Petite A ne doit, à aucun prix, se cantonner exclusivement dans l'enseignement proprement dit : « Il faut à la jeunesse, écritM. Yittecocq, des jeux et des distractions. Le cours le plus intéressant peut lasser à la longue les auditeurs les mieux intentionnés. Si des exercices physiques, si des promenades, des matinées récréatives, des jeux, accompagnent l'œuvre d'éducation et d'enseignement, on obtiendra plus d'assiduité de la part des jeunes gens. »
Selon la région, le milieu économique ou social, ces distractions pourront prendre des formes infiniment variées, fêtes, kermesses, concours de tir, de gymnastique, orphéons, concerts, soirées théâtrales, promenades, excursions, voyages même, etc. Ce n'est pas le Hou d'envisager en détail ces divers articles. Répétons seulement avec notre rapporteur
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el plusieurs de dos correspondants que la Petite Amicale si elle veut retenir ses membres, c'est-à
dire prospérer, doit attacher une importance toute spéciale à cette branche de son action, sans quoi son recrutement risquerait sans cesse de fléchir.
S'instruire, -amuser, c'est bien. Mais il faut encore s'entr' aider, c'est-à-dire s'aider soi-même en aidant les autres. Où les leçons de la prévoyance et de la mutualité s'appreudront-elles mieux que dansées groupes d'amis, imbus du même idéal, où l'on s'affectionne et s'estime mutuellement? Sur les Petites A viendront donc tout naturellement se greffer des Mutualités postscolaires, des Bureaux de placement, des Caisses de secours, toutes ces œuvres sociales, tilles de notre Démocratie, par où le jeune citoyen apprendra cette belle maxime de la solidarité : Que nul de nous ne vit par soi-même !
« La Petite Amicale nous apparaît donc comme un arbre à cent branches. Chaque branche a sa vie propre, mais toutes puisent leur sève au cœur du même tronc. Cette comparaison illustre la conception très souple et très vivante que M. Vittecoq propose : Chaque Petite A, fédération d'autant de groupes spéciaux qu'il y a de services ; chaque servie e autonome et cependant en contact étroit avec la direction de L'Amicale; chaque groupe donnant son concours à la société et recevant d'en haut Inspiration générale qui vivifiera tous les efforts particuliers. »
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Chaque question a été l'objet de débats et de vote; dans une Commission correspondante. Dans U composition des travaux, Petites A de grandes villes et Petites A de villages étaient également représentées :
Première commission. — Président, M. Olivier, de Pont-1'Évèque ; rapporteur, M. Vittecoq, du Havre; secrétaire, M. Cavrot, de Lille.
Deuxième commission. — Président, M. Jacquemont, de Saint-Etienne ; rapporteur M. Hunel, de Pont -l'Évêque; secrétaire, M. Chaintreaux, de Paris.
Troisième commission. — Président, M. Bador, de Lyon ; rapporteur, M. Louis, d'Alençon ; secrétaire, M. Daunay, de Nemours.
Quatrième commission. — Président, M. Poitrinal, du Havre; rapporteur, M. Plessis, d'Argentan; secrétaire, M. Laurent, du Havre.
Cinquième commission. — Présidente, M,,e Ballon, de Honfleur ; rapporteur, M1U Gautoix, de Sanvic ; secrétaire, M"e Boger, de Boue.
Sixième commission. — Présidente, Mme Avril de Saint-Croix, de Paris ; rapporteur, M. Duriez, du Havre; secrétaire, M. Delacour, de Cherbourg.
La septième commission, celle de la presse, est constituée par les représentants de la Société Ernest Benan, de Paris.
On eût pu craindre que les récréations et réjouis-
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sauces dont le Havre était le mouvant et pittoresque théâtre et dont les échos arrivaient du dehors ne nuisissent à la fréquentation des séances. Mais on avait compté sans L'intérêt très réel que les Délégués portaient à la discussion d'idées et de faits qui leur tiennenl à cœur, sans leur désir de s'instruire en commun, sans le sérieux avec lequel ils comptaient accomplir leur mandat.
J'ai parcouru toutes les salles de Commissions et j'ai été frappé du caractère de gravité, de probité intellectuelle, de franchise aussi, dont les délibéra- Lions étaient empreintes. Ce n'étaient pas des dilettantes e1 des blasés qui discouraient. C'étaient des jeunes hommes, des jeunes filles qui sont aux prises avec les difficultés de la vie, qui ont le pli de la réflexion, le sens des responsabilités et qui, avec conscience, remplissent le devoir qu'ils ont assumé. L'occasion rare et précaire qu ils avaient d'échanger des impressions, de prendre contact avec les fondateurs d'institutions pouvant leur fournir quelques renseignements d'utilisation pratique, il- en profitaient largement, pleinement, s'interrogeant, prenant des notes, soulevant des objections, tixant les réponses sur leurs carnets.
On a beaucoup remarqué dans les Commissions de la « Culture physique » la présence de nombreux officiers qui, de toutcœur, prenaient part à la discussion, écoutaient les desiderata des congressistes, leur prêtaient le concours de leur expérience au sujet <!<• la préparation au Brevet d'aptitude militaire.
Et l'on a beaucoup remarqué aussi dans la Commission de l'éducation ménagère, et dans celle des « moyens de récréation », la présence de très nombreuses jeunes femmes et jeunes filles, d'appren-l ties, d'ouvrières, de caissières et employées qui étaient heureuses d'émettre leur opinion, d'écouter les conseils et directions qu'avec son ordinaire autorité et son esprit d'à -propos leur donnait Mme Pauline Kergomard.
Qu'on demande à MUe Avril de Sainte-Croix qui présidait la sixième Commission quelle impression lui ont produite ses « électrices » et auditrices. La secrétaire générale de l'Union nationale des femmes françaises qui, en Europe et en Amérique, a suivi tant de Congrès, m'aexprimé son étonnement charmé et ému àla fois. Elle rendait hommage à cette maturité d'esprit, à cette ardeur et à cette foi dont la génération féminine sortie des Écoles publiques donnait la preuve. Elle constatait que la Petite A était une hxole d'instruction civique et elle augurait beaucoup des leçons de confiance, de fraternité, de mutualité consciente, d'organisation rationnelle qu'y puisent jeunes filles et femmes rapprochées par un môme idéal.
On ne saurait énumérer tous les vœux qui, dans chaque Commission, ont été adoptés. Quelques-uns pourtant sont à retenir, car ils expriment la pensée