LE CONGBÈS NATIONAL DES PETITES
il acquérir son local, que les démarches soient faites auprès de la municipalité et des pouvoirs publies pour que, dans les constructions scolaires
actuelles ou futures, une salle spéciale lui soit réservi
1 1 Que les Petites A .-"efforcent d'organiser des fêtes avec leurs seules ressources et sans recourir à des éléments étrangers dont elles ne seraient pas absolument sûres :
1-2 Que les morceaux inscrits au programme soient non seulement d'une irréprochable tenue littéraire ou artistique, mais encore empreints d'un esprit exclusivement laïque.
Enfin un vœu d'importance capitale par sa portée
Sociale :
« Considérant qu'il est de toute nécessité que les i'ds pauvres entrent dans la Mutualité scolaire, que la Mutualité scolaire présente des avantages spéciaux au point de vue de la retraite, le Congrès se rallie au principe de l'obligation, émet le vœu qu'on sollicite le concours des Mutualistes scolaires pour la solution des retraites nationales et que les Petites A portent la question devant l'opinion publique par une propagande méthodique. »
Le samedi 17 juillet avait été consacré par le Président de la République au port, à l'escadre : c'avait été la Fête de la Mer. Le dimanche 18 juillet fut
dédié aux Petites A : ce fut la Fête de l'École.
Les Petites A manifestèrent leur reconnaissance à M. Armand Fallières pour la marque d'intérêt qu'il leur donnait en le saluant à son entrée dans l'immense vaisseau formé par le Cirque, d'une enthousiaste et vibrante acclamation. Elles avaient été longtemps et obscurément à la peine. Elles remerciaient le chef de l'État qui les mettait à l'honneur et qui, par sa présence, par l'encouragement et l'aide morale qu'il leur apportait, les tirait de leur obscurité, concentrait l'attention publique sur elles, soulignait les services rendus, l'importance de leur rôle.
Après des allocutions de M. Edouard Petit, président du Congrès, qui présenta les délégués des Petites A, de M. René Coty, président du Comité d'organisation, qui rappela la genèse du Congrès, de M. André Siegfried, rapporteur général, qui définit l'œuvre des Petites Amicales, M. Doumergue, ministre de l'Instruction publique, prit la parole et insista sur la portée qu'avait la visite présidentielle, sur la force quelle donnait aux organisations postscolaires :
« Monsieur le Président de la République,
« Pendant toute la journée d'hier, en inaugurant le nouveau et pratique quai d'Escale, en visitant les Docks-Entrepôts du port, si spacieux et si bien aménagés, en passant en revue l'une de nos belles escadres, c'est l'activité industrielle, commerciale,
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économique de la France, c'est son efforl el sa puissance militaire que vous avez successivement admirés Vous avez été mis en présence des résultats qui en témoignent éloquemment. Ils ont réjoui votre cœur passionnément attaché et dévoué à tout ce qui fait et assure la prospérité, la sécurité et la grandeur de la Patrie.
« En acceptant de vous rendre aujourd'hui dans le Congrès où nous sommes, parmi ces jeunes gens el ces jeuneshommes, ces jeunes filles et ces jeunes femmes, qui représentent plusieurs centaines de milliers d'autres, vous avez voulu venir dans le milieu où se forgent, s'entraînent et se disciplinent non pas. certes, toutes les initiatives el les énergies auxquelles sont dus les résultats que nous venons d'admirer, mais peut-être les meilleures d'entre elles.
« ... Les chiffres ne peuvent pas exprimer l'œuvre considérable et nécessaire entreprise, poursuivie et réalisée par les Petites A. Cette œuvre est multiple et diverse comme sont diverses par leur caractère les sociétés ici représentées. Mais cette diversité n'existe point à leur origine et on ne l'aperçoit pas quand on envisage leur point d'arrivée.
« Qu'elles s'occupent d'instruire les adultes ou d'organiser des récréations populaires, qu'elles donnent l'enseignement professionnel ou constituent des mutualités de secours et de retraites, les Petites A, sans exception, s'inspirent à leur origine des sentiments, des idées, des directions, de
l'enseignement donné dans nos écoles primaires laïques, dont elles sont ainsi le prolongement. Elles tendent, en môme temps, de toute évidence, au-dessus des intérêts et des besoins plus immédiats et en apparence plus égoïstes que l'action solidarisée de leurs membres paraît d'abord avoir en vue de satisfaire, vers un but plus noble et plus grand qui est de faire de la France une nation plus unie, plus forte, plus respectée, plus digne encore de servir d'exemple aux autres nations.
« Est-il rien qui puisse justifier — si une justification pouvait paraître nécessaire — les sacrifices que la République s'est imposés pour créer et pour développer l'instruction du peuple, pour faire surgir par milliers les maisons d'école, sur toute la surface du territoire ? Est-il rien qui soit une preuve plus décisive de la valeur de l'enseignement laïque et du mérite des maîtres qui le donnent, que le spectacle que nous offre ce Congrès et les constatations réconfortantes qu'il nous permet de faire ?
« La baute marque d'intérêt et le précieux témoignage de sympathie que vous donnez à renseignement populaire laïque porteront leurs fruits. Ils constituent déjà un encouragement considérable pour les initiatives et pour les œuvres dont le développement et le succès sont nécessaires à la grandeur morale, à la prospérité et à la puissance matérielle de notre pays, à la gloire de la République. De cette grandeur, de celte prospérité, de cette puissance et de celle gloire, vous emporterez, en