CHEZ LES PETITS MUTUALISTES
...Salle du Gymnase municipal, rue d'Allemagne. L'immense vaisseau grouille de monde. Sur l'estrade, entoure de ses collaborateurs, M. J.-G. Cave, le fondateur de la Mutualité scolaire, préside l'Assemblée générale, la 27e, de la Société Mère.
Car c'est sur les hauteurs des Buttes-Chaumont qu'en 1881, M. Cave a fondé la doyenne des « Scolaires », a eu l'audace heureuse de propager parmi les écolières et les écoliers, au moyen d'un versement de 10 centimes par semaine, l'esprit d'épargne à la fois personnelle et collective, le sentiment de l'entr'aide.
Sur les bancs ou les chaises, plus de deux mille enfants sont rangés, encadrés par des pères, des mères de famille, par d'anciennes et anciens élèves, sociétaires eux aussi. Déjà deux générations sont représentées dans cette originale séance où des « dix ans », des « huit ans », délibèrent, entendent des comptes rendus financiers, votent, font déjà œuvre sociale, sous la direction affectueuse de leurs tuteurs légaux.
Il va de soi que sociétaires et parents ont le régol
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d'un concerl que leur donnent l'Association des Instituteurs ei les Associations d'anciens élèves. On ne peut vraiment pas exiger des écolières et des écoliers que, sans intermède récréatif, ils entendent la lecture de chiffres.
.Mais ces chiffres sonl régulièrement éloquents. Ils font ressortir — avec quelle lumineuse netteté
— l'importance toujours grandissante de l'œuvre fondée par l'ingéniosité précise ri pratique1 de M. J.-C. Gavé.
Elle compte, cette Société scolaire municipale de • nrs mutuels et de retraite du XIX" arrondissement : 6.78Û écolières et écoliers qui sont membres participants, et 300 membres honoraires, soit 7.0SU sociétaires.
Deux sous par deux sous, — un sou pour la retraite, un sou pour les journées de maladie — en vingt-sept ans (die a encaissé : 699.408 i'r. 47.
Elle a placé à la Caisse nationale des retraites plus de 145.000 francs. Elle a versé à la Caisse des dépôts et consignations 351.000 francs. Elle a payé plus de I ïo. i)00 francs pour indemnités de maladies, a raison de 50 centimes par jour.
Elle s'achemine rapidement vers son premier million. Elle l'atteindra avant quatre ou cinq ans.
Il va de soi que M. le Trésorier est fort applaudi
— et que les remerciements de l'assemblée vont au « Père des Petites Cave », qui avec son habituelle modestie reporte tout l'honneur du succès sur les Mutualistes instituteurs qui l'entourent.
Et en même temps que cette Assemblée générale, d'autres séances ayant même objet, ont lieu, à Paris, en province, les jeudis, les dimanches, et le triomphe de la Mutualité scolaire s'affirme de façon décisive.
La « Doyenne » est déjà dépassée et par le nombre des sociétaires et par le chiffre des versements.
Paris et la Seine, en la seule année 1907-1908, ont gagné dix mille adhérents de plus et passent de 65.000 à 75.000.
La Mutuelle scolaire du XVIIe arrondissement nombre fièrement : 4.012 sociétaires ; celle du XVe : 4.720; celle du XXe; 5.315.
La Société du XVIIIe, de Montmartre, arrive en tête avec un effectif de 6. 154 membres.
Dans la banlieue, même élan de solidarité enfantine.
Alfortville inscrit 1.534 adhérents; Asnières : 1.297 ; Aubervilliers : 1.115 ; Bonneuil : 1.957 ; Boulogne : 1.360 ; Le Bourget : 1.427 ; Bry-sur-Marne : 1.626; Gréteil : 1.458; Drancy : 1.944; Nanterre : 2.106; Nogent-sur-Marne 1.855; Le Perreux : 1.618; Puteaux : 1.946; Saint-Maurice : 1.916; Saint-Ouen : 1.492; Sceaux : 1.616; Suresnes : 1.524; Thiais : 1.694; Vincennes : 2.045.
Mais c'est assez de statistique — si victorieuse soit-elle.